Un petit tour dans le peloton des passionnés du 10 km
lundi 11.05.2009, 05:06 - La Voix des Sports
| IMMERSION |
Ils étaient un peu moins de deux mille participants à avoir choisi l'épreuve du 10 km disputée entre Loos-en-Gohelle et Lens. Autant d'histoires à raconter au sein du peloton, terriblement cruelles parfois. PAR YVES PORTELLI
lens@info-artois.fr PHOTO DELPHINE PINEAU
Ce sont d'abord les odeurs qui montent dans les narines. Celles des petits matins frais où la rosée n'a pas encore fini son travail. Le départ des 10 km est fixé à 10 h mais la route est encore longue jusqu'à Loos-en-Gohelle. Dans les rues qui jouxtent le site du Louvre, on ne voit quasiment que des gens avec des dossards accrochés sur le ventre ou ailleurs. Très vite, ces petits rus forment une seule et même rivière qui converge vers les bus, sur le parking Bollaert.
On redécouvre le charme incroyable de la petite allée Marc-Vivien-Foé, du moins celui de la petite portion boisée sur le côté de laquelle sont installées des maisons des mines. Quelle sensation ce sera pour un supporter de football de rejoindre le musée en passant par là ! Sur l'asphalte du stade, les troupes pédestres piaffent d'impatience pour monter dans les bus qui assurent la navette avec Loos-en-Gohelle. Les plus frileux se serrent au soleil, les autres sont détendus. Que dire de l'ambiance qui règne à bord durant les quelques minutes que dure le trajet ? Apaisante, cordiale. Même les plus mauvais caractères font une pause dans leur journée. Se retrouver dans ces cars, c'est un moment de partage d'un même plaisir à vivre.
Sardines consentantes
Quelques minutes avant le top départ, Loos-en-Gohelle ressemble à une bande dessinée de Charlie. Là, c'est la ligne de départ qu'il faut trouver... Elle a bougé de place ! Serrés comme des sardines consentantes, les jambes ne demandent plus qu'à se déployer. L'ambiance est sereine même dans les rangs de ceux qui viennent pour aller vite. Spécialistes et amateurs se côtoient sans trop de bousculade. La voisine de devant explique qu'elle a mis deux soutiens-gorge pour des raisons techniques aléatoires tandis que les coureurs de Vermelles font les comptes de leur escouade avant que le starter ne se décide. Un coureur demande à sa voisine pourquoi elle court avec un ballon gonflé à l'hélium... « C'est pour éviter les excès de vites se ! » Tout va bien personne ne se prend trop au sérieux.
Tout le monde s'envole, le peloton des rapides revient devant celui des lents passe derrière, par vagues successives. On se met en place. Il fait plus chaud que d'habitude. Ça va être dur !
Bof, moins qu'en 2008. Mis à part quelques faux plats, le tracé est roulant. On contourne la base du 11-19 par un bout de Liévin puis, en traversant la cité des Provinces, à Lens. Les encouragements des riverains sont sincères, les jardins donnent envie. Les cités minières ne manquent pas de charme sous le soleil.
Les souffles sont moins courts qu'en 2008, ça va plus vite et on descend la route de Béthune. C'est un long ruban qui se déroule devant nous. C'est là, on le saura plus tard qu'un Loossois perdra la vie. Il faudra avoir une grande pensée pour sa famille. Il n'était venu que pour son plaisir.
La troupe, ignorante du drame qui se déroulait, a continué sa route par les rues du centre-ville de Lens, une première à vrai dire. Le long de la voie dédiée aux navettes, les spectateurs sont présents, toujours aussi supporters. On les sent fiers de cette Route du Louvre aux accents populaires. Ce sont des gens comme tout le monde qui participent à la fête.
On le ressent dans les sourires, dans la façon de s'excuser quand des petites bousculades interviennent. C'est bon. Comme le fait de descendre le boulevard Basly à toute vitesse. La pente est dans le bon sens et elle mène tout droit à l'arrivée. Le pont Césarine offre l'ombre tant attendue. Les degrés sont montés de plusieurs crans depuis le départ ! L'arrivée est un dilemme. La joie d'en finir est entamée par le plaisir que le parcours a procuré mais... qui se termine. Le village du site s'est animé. C'est là qu'il faudra se trouver le jour où le musée ouvrira et c'est à Lens - toujours - que l'on doit finir les Routes du Louvre. C'est trop bon.




















































