Une édition endeuillée, la fête forcément gâchée
lundi 11.05.2009, 05:00 - La Voix des Sports
William Suparimuk (maillot rouge) et les Kényans ont rapidement pris la poudre d'escampette.
| ROUTE DU LOUVRE |
Bien SÛR Jean-François Caron, Philippe Lamblin et toute l'équipe d'organisation auront ce matin de nombreux motifs de satisfaction. La météo a été exceptionnelle, des records de participation et de l'épreuve ont encore été battus mais les deux hommes ne pouvaient décemment pas avoir le coeur à sourire hier midi.
La fête avait, en effet, d'ores et déjà été gâchée par le décès d'un concurrent du 10 km, un homme d'environ 45 ans, Gérard Quenot, originaire de Loos-en-Gohelle qui s'est écroulé à environ deux kilomètres de l'arrivée, victime, semble-t-il, d'une rupture d'anévrisme. Malgré l'intervention rapide des pompiers et du SAMU, le malheureux n'a pu être ramené à la vie.
« C'était ma plus grande hantise, confia ému Philippe Lamblin. Notre souci est constamment d'assurer la sécurité des participants. On n'a pas le droit de mourir sur un 10 km ». Épargnée par ce genre de drame lors des trois premières éditions, La Route du Louvre a donc fait sa première victime. Et pour le président de la ligue du Nord - Pas-de-Calais, il était dans ces conditions bien difficile de se réjouir du bon déroulement, par ailleurs, de ce cru 2009.
Les dizaines de milliers de personnes qui ont foulé le site d'arrivée, hier à Lens, n'ont, eux, pas eu connaissance de ce drame. Et pour tous ces gens, la fête fut belle grâce à la qualité d'une organisation désormais bien rodée et au coup de pouce de la météo, qui avait laissé un grand ciel bleu et un beau soleil inonder la cité artésienne.
Avec près de huit mille randonneurs et un peu plus de 4 500 coureurs, La Route du Louvre 2009 a encore fait mieux que ses devancières en terme de participation et le choix de monter un petit plateau élite en conviant quelques Kényans a porté ses fruits.
Dès les premiers kilomètres, les coureurs des hauts plateaux ont pris leurs responsabilités. Le lièvre Moses Kipruto emmena ses compatriotes Kiptanui, Suparimuk, Kibor et Kangor sur un rythme très élevé (16'33 au 5e km puis 47'32 au 15e km et 1 h 07'02 à mi-course soit sur des bases de 2 h 15).
Une cadence infernale que le Catésien Stéphane Chopin eut la grande intelligence de ne pas suivre. Bien lui en prit puisque le groupe de tête se disloqua peu après le 25e kilomètre. Duncan Kiptanui fut le premier à lâcher prise. Puis cinq bornes plus tard, c'est Albert Kipngetich Kangor qui céda à son tour.
La bagarre pour la victoire et le record se résuma donc à deux hommes et dans l'emballage final, c'est William Suparimuk qui se montra le plus fort, passant la ligne en 2 h 16'31 et pulvérisant à la fois le record de l'épreuve (qui était de 2 h 20'42 par Stéphane Chopin) et son record personnel. Son compatriote Moses Kibor en termina cinq secondes plus tard, tandis que Stéphane Chopin grignota, lui, quelques rangs pour finir sur le podium mais sans parvenir à améliorer son temps de référence (3e en 2 h 23'29).
Le cru 2009 à peine achevé, les responsables de la ligue ont déjà en tête le rendez-vous 2010. Le site d'arrivée ne sera alors plus disponible en raison des travaux de construction du Louvre II.
Plusieurs options ont déjà été envisagées. Certains rêvent de finir dans l'enceinte du stade Bollaert, mais c'est plus vraisemblablement du côté de Liévin qu'il faut lorgner, voire du côté de Lille. En 2010, La Route du Louvre pourrait, en effet, décider de faire le chemin en sens inverse.
DAVID DELPORTE vds@lavoixdunord.fr PHOTO CHRISTOPHE LEFEBVRE









































