PARIS-ROUBAIX, J - 4
McEwen au pain sec et à l'eau avant Gand - Wevelgem
mercredi 09.04.2008, 05:38
PHOTO J.P. BRUNET
Question à cent dollars australiens : combien de courses a remporté Robbie McEwen, l'un des sprinteurs les plus doués du peloton, depuis le début de l'année ? Ne cherchez pas, il n'y en a pas ! Ce qui ne l'empêche pourtant pas de lorgner sérieusement sur Gand - Wevelgem.
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La Vanackerstraat, où sera jugée tout à l'heure l'arrivée de la semi-classique coincée entre le Tour des Flandres et Paris - Roubaix, est une large avenue en ligne droite sur laquelle les petites bombes du peloton ont l'occasion d'inscrire leur nom.
Ce n'est pas souvent qu'elles se voient proposer une telle opportunité dans ce type d'épreuve. Et malgré la présence du Kemmel - dont la deuxième ascension se situe à 37 kilomètres de l'arrivée - des garçons comme Hushovd (2006), Boonen (2004), Cipollini (1992, 1993, 2002) ou Steels (1996, 1999) ont déjà raflé la mise.
McEwen, triple Maillot vert du Tour de France, se dit fort justement qu'il n'est pas moins talentueux que tout ce beau monde. Et si on lui fait remarquer qu'il n'a rien gagné cette année (inédit depuis 1996 et le début de sa carrière où il avait toujours obtenu entre un et douze succès à la même période), qu'il a 35 ans et qu'il semble moins enclin à risquer sa peau dans les sprints agités (on l'a vu renoncer à 400 mètres de la ligne sur la deuxième étape des Trois Jours de La Panne enlevée par le Britannique Mark Cavendish), l'Australien répond qu'il ne faut pas s'alarmer.
« La qualité plutôt que la quantité »
« J'ai été malade au début de l'année, puis je suis tombé dans une étape du Tour d'Algarve, justifie-t-il. Depuis un mois, j'axe toute ma préparation sur ce rendez-vous. » Si on l'écoute bien, McEwen s'est donc mis volontairement au régime : « Cette situation ne me rend pas nerveux. Je cours différemment.
Désormais, j'ai atteint un point de ma carrière où je mise davantage sur la qualité que sur la quantité. Aujourd'hui, j'aimerais changer un tas de bouquets contre une grande victoire. C'est mon but depuis un an. Gand - Wevelgem ou À travers la Flandre peuvent me convenir. Mais ça dépend aussi de la façon avec laquelle la course se dessine. » Familier de ces épreuves flamandes - il réside à Evergem, près de Gand -, l'Australien sait qu'il lui faudra basculer dans le premier groupe au sommet du Kemmel. Il n'a pas couru le « Ronde », s'est amusé devant son poste de télévision à regarder ses petits copains s'arracher sur le Koppenberg (« C'était bien ! »), et ne veut surtout pas entendre parler de retraite alors qu'il lui reste encore un an de contrat à honorer avec son équipe.
PAR FRÉDÉRIC RETSIN