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Denis Flahaut s'est interdit de renoncer

mardi 15.04.2008, 05:32

C'est le petit gars de Prouvy qui découvrait Paris-Roubaix. Et qui a absolument tenu à le terminer. Dernier, et même pas classé, puisque hors délai cinquante minutes après l'arrivée de Boonen. Le vélodrome remballait. Récit.


« C'est une journée qui va compter dans ma carrière. Même si elle a été difficile, pénible, destructrice. J'ai fini Paris-Roubaix. J'ai vu le vélodrome. Bien sûr, je ne suis pas entré dans les délais. Mais je m'en fous ! Ce qui compte, c'est d'être allé au bout. Je suis fier de ce que j'ai accompli.
J'ai perdu le contact un peu avant la traversée de Wallers-Arenberg. Une chute a provoqué une cassure dans le peloton et j'ai été retardé. Avant l'entrée dans la forêt, j'étais presque parvenu à revenir dans les voitures suiveuses mais j'ai crevé et j'ai dû finir la trouée sans dépannage. Une voiture de l'équipe était postée à la sortie. J'ai changé de roue, j'ai pris deux bidons et un peu de nourriture puis je suis reparti.


À ce moment de la course, c'était déjà la solitude. Parfois, j'arrivais à reprendre un petit groupe. Mais soit je les laissais derrière, soit ils mettaient pied à terre au moment où je les rejoignais. Pas de chance.
Malgré toutes ces contrariétés, je ne voulais pas abandonner. Tout au long du parcours, j'ai vu des gens avec des banderoles : "Allez Denis" . J'entendais aussi : "C'est lui, c'est Flahaut". Parfois, je les regardais. Je ne les connaissais même pas. Mais c'est grâce à eux que j'ai eu la force de rallier le vélodrome. Grâce aux supporteurs flamands qui m'ont donné du soda (!) sur le carrefour de l'Arbre et grâce à l'ambulance qui m'a proposé à boire et du pain d'épices. Remerciez-les de ma part !

Peur de crever
« La voiture balai est venue se positionner derrière moi à une cinquantaine de kilomètres de l'arrivée. Lorsque je l'ai aperçue, je me suis dit que ça ne sentait pas bon. Sur les écrans géants, j'ai vu le podium avec Boonen. Avant Cysoing, le chauffeur m'a demandé si je voulais arrêter. Il est revenu pour m'annoncer que j'étais hors des délais peu avant d'entrer sur le secteur de l'Arbre. Je devais les enquiquiner et les empêcher de rentrer tôt à la maison. Là, je n'ai eu qu'une crainte : une crevaison et c'était la fin parce qu'il n'y avait plus personne pour me dépanner. Je serais monté dans leur voiture et j'aurais vu leur sourire en coin. Je ne voulais pas leur offrir ce plaisir. » • F. R.

La Voix du Nord

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