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Sylvain Chavanel n'a pas peur des pavés

samedi 11.04.2009, 04:52 - PAR DAVID DELPORTE

 Le Français de la Quick Step était, hier, en pleine reconnaissance des pavés de la Trouée d'Aremberg: «Je me suis aperçu que c'était vraiment dur. ça semblait plus facile à la télévision» Le Français de la Quick Step était, hier, en pleine reconnaissance des pavés de la Trouée d'Aremberg: «Je me suis aperçu que c'était vraiment dur. ça semblait plus facile à la télévision»

| LA COURSE |

Douze ans après Frédéric Guesdon, un Français est-il capable de gagner Paris-Roubaix ? Sylvain Chavanel veut croire en ses chances même si ses équipiers de la Quick Step, Stijn Devolder et surtout Tom Boonen semblent mieux armés pour triompher.

Son obstination a, finalement, été récompensée. Huit ans après sa dernière apparition sur les pavés du Nord, Sylvain Chavanel a obtenu le feu vert de ses dirigeants pour prendre le départ de Paris-Roubaix.

«  Ça me tenait à coeur d'être présent car je voulais bien terminer mon premier cycle, faire les choses correctement de A à Z pas comme la saison dernière, expliqua-t-il. On a fait les reconnaissances, c'était totalement différent de ce que j'avais connu il y a huit ans.

Mais j'aime les pavés, ça ne me fait pas peur. » Le Français n'hésite d'ailleurs pas à se placer parmi les candidats à la victoire : «  Je pense avoir mes chances comme sur toutes les courses , avance-t-il. Le vélo est de plus en plus tactique et il est donc difficile d'écrire le scénario à l'avance. Tout dépendra du schéma de course. On sait qu'à Paris-Roubaix avec les pavés, la sélection se fait plus naturellement par l'arrière et qu'il faut être ensuite fort dans le final pour l'emporter. » Un peu déçu, dimanche dernier, lors du Tour des Flandres que son équipe ait relancé la course, alors qu'il était échappé, pour favoriser, finalement, les desseins de Stijn Devolder, Sylvain Chavanel doit-il redouter des consignes en faveur, cette fois, de Tom Boonen ? «  On ne m'a rien dit en ce sens pour le moment, confia-t-il. C'est sûr qu'à côté de Boonen et Devolder, je suis encore tout petit, mais je suis venu chez Quick Step pour renforcer l'équipe, je fais partie des pièces importantes et je sais qu'un jour ou l'autre, ça va tomber sur moi. »

L'éloge de Boonen

Ravi de l'apport du Français depuis le début de la saison, son directeur sportif Patrick Lefévère assure, d'ailleurs, qu'il ne privilégie pas un de ses coureurs plus qu'un autre : «  Tout le monde aura sa chance et Sylvain autant que Tom et Stijn. Bien sûr, ce sera un peu nouveau pour lui et il devra apprendre. Même s'il a déjà participé à Paris-Roubaix, on ne peut pas comparer le Chavanel d'il y a huit ans à celui d'aujourd'hui. Mais il a ses chances. Qui aurait osé dire qu'il pouvait gagner "À travers les Flandres" l'an passé ? Et pourtant il l'a fait. Comme il l'a dit lui-même, Quick Step est une machine de guerre. J'espère que Sylvain sera l'un de nos soldats avec la baïonnette sur le fusil. » Tom Boonen en personne le place parmi les candidats à suivre : «  Il est tout à fait capable d'être dans le coup pour le final, insiste le tenant du titre. Il a prouvé qu'il était en forme la semaine dernière au Tour des Flandres. J'avais déjà vu qu'il roulait bien depuis un moment et il m'a semblé très à l'aise lors de la reconnaissance. » L'intéressé, qui sera très attendu par le public, sait que la concurrence sera rude avec ses équipiers Boonen et Devolder bien sûr, mais aussi avec quelques autres clients : «  Les Columbia seront là. Flecha était aussi très bien sur le Tour des Flandres. Et il ne faudra pas oublier Cancellara.  » Il sait aussi qu'il devra s'accrocher pour aller au bout de son rêve : «  Pendant la reconnaissance, je me suis aperçu que c'était vraiment dur. ça semblait plus facile à la télévision, admet-il en riant. Certains secteurs sont vraiment impressionnants. ça secoue de partout, le corps est vraiment chamboulé. C'est une course où il ne faut pas se poser de questions sur le danger d'une éventuelle chute. La chute, elle peut de toute façon intervenir tous les dimanches. Pour gagner, il faut un peu de chance, il faut être fort et il faut surtout avoir un moral d'acier. » Une qualité que semble posséder l'ancien coureur de chez Cofidis. «  C'est quelqu'un qui aime son métier, qui aime aller au travail le matin, se faire mal, se réjouit Patrick Lefévère. Il a apporté beaucoup de joie dans l'équipe. C'est important d'avoir des gens positifs.  » À bientôt trente ans, le Castelroussin est visiblement arrivé à maturité. Et si l'heure avait sonné de s'offrir un vrai succès de prestige dans une grande classique ?

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