Boonen : un chef-d'oeuvre d'enfer !
lundi 13.04.2009, 05:00 - PAR FRÉDÉRIC RETSIN
Boonen : un chef-d'oeuvre d'enfer ! - PHOTO STEPHANE MORTAGNE
| LA COURSE |
Le Belge a remporté hier son troisième Paris-Roubaix en s'imposant seul sur la piste du vélodrome, après une course marquée par de nombreux rebondissements. Il a aussi apporté une cinglante réponse aux interrogations nées après le Tour des Flandres.
Le est un peu plus de 17 h 20 au vélodrome et Tom Boonen s'apprête à s'offrir une sensation inconnue à la conclusion de Paris-Roubaix. Le Belge s'est pourtant déjà imposé à deux reprises (2005 et 2008). Mais à chaque fois, il a toujours trouvé deux morpions pour s'accrocher et le frustrer d'un bonheur absolu, d'un triomphe à la romaine sur cet anneau d'un autre temps à la gloire des gladiateurs contemporains.
C'est au sprint qu'il avait alors dû consacrer toute son attention pour brandir ensuite ses deux premiers pavés. Cette fois, c'est seul qu'il a décidé d'en finir. Après avoir bastonné la caillasse et saoulé ses adversaires, autant par la puissance de ses coups de pédales assommants que par la témérité de ses trajectoires « à la limite » sur les derniers secteurs de la course.
Hushovd et Flecha, vaincus par la fatigue, sont allés dans le décor. Pozzato fut le dernier à résister, une quinzaine de secondes derrière le Belge à la sortie du carrefour de l'Arbre, avant de se coucher définitivement à la sortie du pavé de Hem et à l'issue d'un mano à mano époustouflant de tension.
L'Italien a gagné la reconnaissance des grands de Paris-Roubaix. Le Flamand a tout simplement signé son chef-d'oeuvre sur la course pour s'imposer avec quarante-sept secondes d'avance, pointer le doigt vers le ciel dès le virage situé face au lycée Van der Meersch, lever les bras devant Pozzato qui devait encore accomplir son dernier tour et fondre dans les bras de son jeune frère, Sven, en pleurs, effondré de bonheur.
Il faudra l'aider à descendre de sa machine - un vélo de rechange réclamé « à un mauvais moment » entre Louvil et Cysoing par la faute de rayons brisés sur les deux roues -, il tient à peine sur ses jambes martyrisées par l'effort violent soutenu depuis cette attaque entamée une heure et demie plus tôt sur l'épouvantable essoreuse de Mons-en-Pévèle.
À ce moment précis, Boonen venait de se dégager en emmenant Hushovd, Pozzato, Flecha, Van Summeren et Hoste. « C'est à cet endroit que sa course a commencé, commente Patrick Lefevere radieux. Il n'a ensuite cessé d'accélérer jusqu'à Roubaix.
» Derrière, Chavanel assurait la couverture dans un groupe composé de Guesdon et des Saxo Bank (Cancellara, Goss, Arvesen) qui commirent l'erreur de se découvrir un peu tôt. Plus loin encore, Devolder n'avait plus les ressources pour combler le handicap d'une chute dans la Trouée d'Arenberg, suivie de deux crevaisons à Warlaing et avant Orchies. Le double lauréat du Tour des Flandres y laissera ses illusions en même temps que Hincapie et Haussler.
La Trouée d'Arenberg moins sélective - c'est surtout l'enchaînement avec Wallers qui a manqué -, le zeste de chance face aux chutes qui n'avaient pas marqué le final à ce point depuis un bon moment, Boonen a finalement montré que son influence dans l'équipe Quick Step n'était pas entamée.
Sa semaine ? Il l'avait passée « tranquillement ». La polémique rapportée par Pozzato sur sa réaction épidermique après la victoire de Devolder au Ronde ? « Le soir même, j'ai appelé l'Italien pour vérifié s'il avait tenu de tels propos. Il m'a répondu que ce n'était pas le cas. J'en ai déduit qu'il s'agissait d'inventions de journalistes. Et comme je ne suis pas un homme difficile, je me suis concentré pour gagner Paris-Roubaix. »



































