Trop de spectateurs dans l'Arbre ?
lundi 13.04.2009, 05:00 - La Voix des Sports
La foule est carrément devenue énorme sur les derniers secteurs pavés. L'accident d'Orchies suite à la chute d'une moto.
| DÉCRYPTAGE Les questions que vous vous êtes posés devant la télé |
Une fois de plus, cette 107e édition de Paris-Roubaix ne nous a pas épargné de nombreux rebondissements. Elle a aussi été marquée par un accident impliquant une moto de l'organisation qui a percuté des spectateurs après le secteur « Marc Madiot », à Orchies.
Quelles sont les circonstances de l'accident à Orchies ?
Le groupe de tête, emmené par Boonen, Chavanel et Flecha notamment, venait de placer une grosse accélération sur le pavé de Beuvry-la-Forêt à Orchies. On allait donc très vite lorsque la moto info, dirigée par un pilote expérimenté sur les courses de ce niveau - et sur Paris-Roubaix en particulier -, a manqué son virage pour percuter un groupe de spectateurs. Quinze des seize blessés (dont trois graves) ont été évacués vers les hopitaux de Lille, Roubaix, Seclin, Valenciennes et Douai. Le pronostic vital n'a pas été engagé.
Est-ce que Haussler en a trop fait à Arenberg ?
L'Allemand (2e de Milan - San Remo et du Tour des Flandres) semblait particulièrement facile sur la Trouée d'Arenberg, pourtant loin de l'arrivée. Dans le coup jusqu'à Brillon, il a ensuite très mal encaissé le coup de bordure tenté par les Saxo Bank, pour se mettre ensuite au service d'Hushovd visiblement dans un bon jour.
On parle souvent de la pluie, de la boue ou, par temps sec de la poussière, mais le vent défavorable a-t-il joué un rôle ?
Pas vraiment. Ou alors, par à coups, principalement à la sortie de Sars-et-Rosières, où la longue portion de ligne droite ramène le peloton vers Orchies. C'est là qu'Arvesen, Cancellara et Goss ont tenté la bordure, qui leur est finalement revenue dans la figure après le relais des Quick Step. A l'arrivée, ils n'avaient écrémé que du petit linge. A Mons-en-Pévèle, les plus costauds étaient déjà devant.
Entre Beuvry et Mons-en-Pévèle, Boonen a placé des accélératrions impressionnantes dans chaque secteur. Pour montrer qu'il était le patron et pour éliminer ses rivaux au sein de sa propre équipe ?
C'est LA question. C'était surtout le scenario idéal pour le Belge, qui n'a jamais laissé l'initiative à l'un de ses équipiers (Weylandt et Chavanel furtivement) après la Trouée d'Arenberg. En s'isolant rapidement en comité restreint (à 45 km de l'arrivée), il maîtrisait déjà la situation.
On a eu l'impression qu'il y avait plus de monde que d'habitude dans le final (Camphin, l'Arbre et Gruson). Qu'en est-il ?
Absence de pluie, température très douce... La foule a répondu au passage des coureurs. Avec parfois des excès qui amènent à s'interroger sur l'indiscipline des spectateurs. Sur les pavés de Gruson, deux jeunes filles, en traversant, ont failli renverser Pozzato. Mais les problèmes sont concentrés au Carrefour de l'Arbre. « Les Flamands étaient agressifs, rapporte Martial Gayant, directeur sportif de la Française des Jeux. Ça suintait l'alcool. » Dans la soirée, Jean-François Pescheux (directeur de course) évoquait « un secteur critique » par la densité des supporters. Devra-t-on poser des barrières sur l'ensemble des 2100 mètres comme à Arenberg ?
FRÉDÉRIC RETSIN PHOTO PATRICK JAMES




























