Ce bout de légende sportive qui entre maintenant dans la spirale du « show biz ». Dangereux ?
lundi 12.04.2010, 05:09 - La Voix des Sports
Les époques changent, le matériel et les champions aussi. Et les courses, forcément. On prêtait à Paris-Roubaix, cette qualité de rester elle-même, parce que - croyait-on - les légendes, qui plus est de tradition nordiste, avec pavés, boue ou poussière selon la météo, ne mouraient jamais et qu'elles demeuraient authentiques.
Les dérives sont pourtant inéluctables. Car l'argent, le nerf de la guerre, est partout. Même en ces temps de crise où le sport est tout de même un intéressant vecteur de communication, pour ne pas dire incontournable.
Paris-Roubaix n'échappe pas à la règle. Logique. Mais à force de devenir une organisation pointue où les pires débordements sont redoutés, le sport cycliste dérape au point qu'il finit pas ressembler au ballon rond, là où l'on vous dit de constamment marcher dans les clous.
Il y a quelques années déjà, le vélodrome de Roubaix fut totalement bouclé et ses observateurs définitivement parqués, loin du protocole et des coureurs qu'ils avaient plaisir à approcher. L'an passé, les supporteurs flamands ont achevé de donner à la mythique compétition, ce côté bon enfant qui déplaçait les foules.
Tout va donc très vite. Trop vite ? Tenez : les principaux acteurs zappent les douches du centre aéré, échappent aux interviews pour se rincer dans leurs pullmans. Tout fout le camp !
Hier encore, accéder à l'arrivée de Roubaix fut un authentique parcours du combattant où il a souvent fallu s'armer de patience et adopter un sourire diplomatique.
Déjà à l'heure des juniors, trois heures avant les « seigneurs », Jean-Charles Canonne, le président du Vélo-club de Roubaix-LM, s'insurgea contre certains changements prompts à transformer l'essence même de la petite reine. « On est en train de tuer l'épreuve ! », s'exclama-t-il, sincère. Il avait très certainement raison. Ainsi soit-il... t
PAR DIDIER PARSY vds@lavoixnord.fr
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