Le Parcours

La trouée... vue par Laurent Pillon

mercredi 09.04.2008, 05:38

À l'occasion du quarantième anniversaire de l'introduction de Wallers-Arenberg sur le parcours de Paris-Roubaix, nous vous proposons de retrouver quelques acteurs de la « Reine des classiques ». Ils vous feront partager leur vision de la célèbre trouée. Aujourd'hui, un ancien coureur nordiste  : Laurent Pillon.


« J'ai toujours pensé que l'entrée dans Wallers-Arenberg marquait le vrai lancement de Paris-Roubaix. Traditionnellement, c'est à ce moment de la course que la télévision prenait le direct. Avec elle, on entrait immédiatement dans le vif du sujet.
À l'époque, les barrières ne séparaient pas encore les coureurs des spectateurs. C'est d'ailleurs ce que je regrette le plus. L'approche de Wallers, c'est quelque chose d'incroyable. On est tous prêts à se monter dessus pour se placer devant. Une fois lancé sur le pavé, c'est le sauve-qui-peut pour chacun d'entre nous. Moi, j'aimais ça ! On déboulait à fond la caisse ! Puis il fallait slalomer dans le public, en empruntant souvent le petit chemin de terre qui longeait le pavé.


Je suis certain qu'il s'agissait aussi d'un moment magique pour le public qui frôlait les coureurs comme il n'en avait jamais eu l'occasion. Même pas dans les cols du Tour de France !
À Wallers-Arenberg, celui-ci était aussi acteur de Paris-Roubaix. Au même titre que les coureurs. C'était un rodéo, un jeu dangereux entre lui et nous. On s'y attendait, on y allait franchement et on fermait les yeux. Maintenant, j'ai l'impression que ces barrières ont privé ce passage de son côté festif et unique en son genre. Je pense même qu'elles le rendent un peu plus dangereux. Auparavant, on pouvait entrer à cinq ou six de front. Maintenant, ce n'est plus possible. »

La Voix du Nord

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