Les Coureurs

La journée du Roubaisien David Deroo

Il voulait tant arriver au vélodrome...

lundi 14.04.2008, 11:36
Il voulait tant arriver au vélodrome... Photo Patrick DELECROIX

Un mélange d'excitation devant la grandeur de l'événement... et d'appréhension face aux difficultés qui l'attendaient. C'est dans cet état d'esprit que David Deroo s'est attaqué, avec l'équipe Skil, à son premier grand Paris-Roubaix, dont il ne connaissait que les versions juniors (2e) et espoirs. Un autre monde, donc. Récit d'une journée en enfer.

7 h, réveil à l'hôtel.- Le stress, qui le guette depuis quelques jours, monte d'un cran. « Déjà, avant-hier, en voyant un sujet de la télé régionale sur les Nordistes, j'ai commencé à sentir la pression. » Un coup d'oeil au temps qu'il fait dehors, derniers préparatifs et premiers appels sur le portable. « J'ai eu les copains, Jean Zen, mon co-loc du VC Roubaix, mon père et ma copine, qui a vu que j'étais stressé et a essayé de me parler d'autre chose. » Ça aide.
10 h 30, devant le château de Compiègne.- Le jeune Roubaisien est stressé, mais le cache bien. « J'ai encore du mal à gérer mon stress. Mettre le dossard, aller signer la feuille, c'est comme dans une course normale, ça rassure. J'ai été devant aux Trois Jours de La Panne et on m'a dit que c'était une bonne préparation. Mais je suis réaliste : je n'ai pas le gabarit pour les pavés, je manque de puissance. » Rester concentré, ne pas tomber, David Deroo est parti au combat avec une idée fixe : aller jusqu'au vélodrome. « Je suis né à Roubaix, j'ai fait toutes mes années d'amateur au VC Roubaix, et tout le monde m'attend. Si je ne suis pas à l'arrivée, ce sera une grosse déception. »

14 h, entre Maing et Monchaux-sur-Ecaillon.- On roule depuis trois heures, et David lâche prise. « J'ai fait mon travail pour l'équipe, puis j'ai été victime d'une petite chute, et j'ai eu du mal à garder le rythme pour rester dans le peloton. A ce moment-là, ça devient très dur. C'est dans le secteur pavé n° 20 que je me fais sortir du peloton. J'avais de petites étoiles qui dansaient devant les yeux et mal à la tête. »

15 h, sur les pavés de Wallers-Arenberg.- Il a voulu voir la Tranchée, alors il a continué en roue libre, suivi par la voiture balai. « J'étais le dernier coureur à passer dans Wallers-Arenberg. Il y avait encore beaucoup de monde, mais la télé rangeait déjà son matériel. Peu après Arenberg, j'ai rendu mon dossard et j'ai dit à la voiture de mon équipe que je pouvais rentrer par mes propres moyens. J'ai donc coupé pour rentrer sur la région de Douai, où habitent des amis qui pouvaient me ramener sur Roubaix. Je me suis retrouvé tout seul sur le vélo, sur de petites routes que je connais, et ça m'a paru très long. »

18 h, Roubaix.- David Deroo n'est allé à Roubaix que pour y ramener son vélo à l'équipe Skil. Dur, mais de toute façon il n'en pouvait plus. « Même si j'ai abandonné, j'ai fait Paris-Roubaix et cela va m'aider pour les années à venir, et qui sait y jouer un rôle, dans une échappée. » Dimanche prochain, il remet ça à l'Amstel, où ça roule aussi vite. Une course de fous. Une autre galère ?

J.-Ph. M.

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