À Orchies, Kittel enlève la première étape, d'un soupçon, au sprint
jeudi 05.05.2011, 05:26 - PAR FRÉDÉRIC RETSIN
| CYCLISME - QUATRE JOURS DE DUNKERQUE |
C'était la journée de l'Allemand, qui a pris aussi quelques bonifications etenfilé le premier maillot rose, malgré la réclamation de l'équipe Katusha. Aujourd'hui, pavés au menu. Un terrain propice aux premières grandes manoeuvres ?
L'Allemand devance Galymzianov (à gauche) et Nizzolo (à droite) dans un sprint contesté. PHOTO PATRICK JAMES
Qui ça ? Kittel ! La blague a dessiné quelques sourires sur la ligne d'arrivée tracée au coeur d'Orchies, qui rêve toujours d'accueillir un départ d'étape du Tour de France en 2012. Sauf devant le bus de l'équipe Katusha où l'on tirait une sale tête. C'est souvent le cas lorsque l'un de vos coureurs - en l'occurrence le Russe Denis Galymzianov, dont on avait pu apprécier toutes les qualités aux Trois Jours de La Panne - prend la deuxième place.
En anglais, Guennadi Mikhailov, l'un des directeurs sportifs, gesticule, commente, téléphone. On comprend que c'est plus sérieux. Mikhailov rapporte alors que Pozzato et Paolini, chargés d'emmener leur sprinteur dans les meilleures conditions, ont vu Kittel se propulser vers l'avant du peloton avec le bénéfice d'une rétro-poussette (interdite par le règlement), comme on en voit sur la piste dans les épreuves à l'américaine.
Hors des délais à Paris - Roubaix
Bart Leysen, l'autre directeur sportif, qui n'a pas l'habitude d'en rajouter, raconte simplement : « Kittel a remonté vingt coureurs comme une moto ! » Pendant que l'Allemand enfile son maillot rose (et quelques autres) sur le podium protocolaire, les dirigeants de Katusha déposent une réclamation auprès des commissaires. Rejetée après le visionnage des deux cents derniers mètres du sprint. « On ne voit rien. Je ne peux quand même pas le disqualifier en l'absence de preuves », justifie le jovial président du jury, Jean-Pierre Coppernolle. Un rapide tour du peloton ne lève pas davantage le mystère. « J'étais devant et je ne me suis pas retourné », explique Jimmy Casper (4e), qui regrette seulement « l'absence de panneaux indiquant les 300 et 200 mètres avant la ligne ». Chez Cofidis - qui place Duque (11e ) et Petit (13e) -, on n'en a pas vu plus.
Tant mieux pour Kittel qui peut donc savourer. Le 10 avril, l'Allemand avait disputé son premier Paris - Roubaix et rallié le vélodrome sans être classé.
Il figurait parmi les cinq coureurs qui avaient achevé la classique hors des délais. La main sur épaule de son compagnon de galère, l'Espagnol Miguel Minguez. Hier, il a dit ce que déclinent en général tous les coureurs qui ont gagné : « Je suis content. La semaine dernière, je sentais déjà que j'avais de bonnes jambes (deuxième du Tour de Cologne). Je ne peux pas remporter les Quatre Jours, mais j'espère quand même enlever d'autres étapes. » À part ça, que retenir de cette première mise en bouche disputée dans des conditions climatiques idéales, avec un vent le plus souvent favorable ? La longue échappée suicidaire de l'Italien Stefano Borchi (repris à 14 kilomètres du but) qui rapporte au moins 150 euros... à partager entre toute l'équipe (encadrement compris).
On relèvera aussi les trois secondes de bonifications chipées par Thomas Voeckler. L'Alsacien se hisse à la 4e place du classement général (à 13'' du Maillot rose). « Ce n'était pas un vrai objectif, mais il a eu l'opportunité de les disputer », commente son directeur sportif, Ismaël Mottier. Et ça permet de positionner favorablement la voiture de dépannage alors que les pavés de Thun-l'Évèque (1 700 mètres à parcourir trois fois) se présentent aujourd'hui sur la route d'Iwuy.
Marcel Kittel est né le 11 mai 1988. Professionnel depuis 2007.
- Équipes : Thüringer Energie Team (2007-2010), Skil-Shimano (depuis 2011).
- Principales victoires : champion d'Europe (clm) espoirs (2008), deux étapes de la Flèche du Sud, une étape du Tour du Haut-Anjou (2009), une étape du Tour de Langkawi (2011).













