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CINQUIÈME ÉTAPE : CALAIS - CAP BLANC-NEZ

Cofidis : un pour tous, tous pour Augé !

dimanche 11.05.2008, 04:53
Cofidis : un pour tous, tous pour Augé ! Les Cofidis ont magnifiquement géré la course et protégé leur leader, Stéphane Augé. PHOTO PATRICK DELECROIX.

Le Maillot rose s'est remarquablement accroché pour défendre sa place en tête du classement général. Et son équipe n'a pas commis une erreur sur l'étape la plus difficile des Quatre Jours.

Son épouse est arrivée vendredi soir en compagnie de Ronan et d'Anais. Des retrouvailles très brèves dans le salon de l'hôtel où l'équipe apprécie de se retrouver à l'approche de la course nordiste. Stéphane Augé avait pourtant prévenu qu'il n'y aurait pas de place pour de longs discours.

« J'allais entrer dans ma bulle », s'excusait-il. Et personne n'a pu l'en sortir. Lui, l'équipier modèle, le baroudeur toujours prêt à filer au combat ne laisserait pas filer l'occasion d'entrer, à trente-trois ans, dans le grand livre de l'épreuve nordiste. Il savait pourtant que la journée s'annonçait terrible, que les équipiers de Fédrigo et de Lefèvre ne lui laisseraient pas l'occasion de respirer sur l'enchaînement des reliefs du bord de Manche.

« Merci à toute l'équipe »
Augé a résisté. Et lorsqu'il est venu mourir respectivement à vingt-six et vingt-quatre secondes des deux leaders de Bouygues Telecom, ses premières paroles furent pour remercier ses partenaires. Ils avaient accompli un travail efficace pour revenir sur les accélérations qui s'apparentaient à un petit travail de sape. « Merci à toute l'équipe, merci à tous ! Ils ont fait un boulot formidable. Ils m'ont fait confiance dès le premier jour.

Je n'avais pas le droit de les décevoir. On a tout maîtrisé. Quand ça se passe de cette manière, il faut vraiment l'apprécier. » À quelques mètres, son épouse Sylvie n'avait pu retenir quelques sanglots. Ses deux enfants, vêtus de rose des pieds à la tête, contemplaient leur père effondré à la recherche d'une quelconque récupération après les huit ascensions du cran d'Escalles. « T'as gagné papa ? », osa Anais. « Oui, j'ai gagné », souffla-t-il timidement.

Dans le partage, Samuel Dumoulin, parti en éclaireur mais suffisamment costaud pour se hisser jusqu'à la troisième place de l'étape, souligne l'ambiance « d'un groupe solidaire ». « Stéphane avait un gros mental, il n'arrêtait pas de dire qu'il ne lâcherait pas et qu'il se sentait fort. » Comme toute l'équipe.

Dans la soirée, Chavanel nous confiait avoir compris à deux tours de l'arrivée : « Lorsque j'ai vu que nous étions encore cinq autour de Stéphane, je savais qu'on avait gagné. » •

PAR FRÉDÉRIC RETSIN

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