Yves Deudon insiste, appuyé par Me Dupond-Moretti
jeudi 18.02.2010, 05:07 - La Voix des Sports
Vainqueur sur le terrain de l'Enduropale puis déclassé, Yves Deudon a décidé de ne pas en rester là. PHOTO GUY DROLLET
| ENDUROPALEJUSTICE |
Avec les responsables de l'équipe Kawasaki, Yves Deudon avait prévenu :
il ne laissera pas tomber une victoire à l'Enduropale qu'on lui a retirée avant qu'il ait eu le temps de la savourer.
Il estime que ce prestigieux succès lui revient de droit, malgré ce contrôle des instances fédérales qui ont décrété que sa moto avait fait trop de bruit sur le sable touquettois, l'après-midi du 7 février.
Après un appel de la décision initiale sur lequel il ne fondait que peu d'illusions (et dont il a effectivement été débouté), il est passé à l'étape suivante, hier.
Et pour partir dans cette épreuve avec la meilleure équipe possible, il a fait appel à un soutien tout aussi prestigieux, puisque c'est l'avocat Éric Dupond-Moretti qui a rédigé la lettre recommandée envoyée hier au président de la fédération.
Par cette lettre de son avocat, Yves Deudon saisit, via le président de la fédération, le tribunal national de discipline et d'arbitrage. Objet de l'attaque : la procédure de contrôle de sa moto, que le jury aurait « violée », selon lui, en ne procédant qu'à trois contrôles. « La procédure prévoit un premier contrôle, et trois autres en cas de dépassement : quatre contrôles au total », dit la lettre. Or, les vérificateurs fédéraux n'ont procédé qu'à trois mesures.
« De plus, en cas de contestation (page 205 annuaire 2010), la mesure doit être réalisée par la méthode FFM 2009 qui prévoit trois mesures successives et, en cas de dépassement, un recalibrage du sonomètre, puis à nouveau trois mesures (page 251 de l'annuaire 2009). » Soit sept contrôles en tout, cette fois.
Enfin, la lettre d'appel d'Yves Deudon relève encore que le règlement de l'épreuve « ne prévoit aucune pénalisation pour un dépassement sonore ». Le pilote et son avocat sont formels : ils ont fouillé l'article 18 du règlement de cette course qu'ils joignent d'ailleurs en annexe.
« Jusqu'au bout ! »
Sur ce point, Me Dupond-Moretti admet que le règlement de la fédération peut être souverain, mais il remarque que le texte de l'épreuve « engage » ses organisateurs.
Et sur le nombre de contrôle, il y croit dur comme fer : « Ils se sont moqués des règles ! » « C'est la course de sa vie et humainement, c'est invraisemblable », dit-il, à propos d'Yves Deudon qu'il a manifestement pris en sympathie. « D'ailleurs, nous sommes prêts à aller jusqu'au bout, et même jusqu'au tribunal administratif s'il le faut. » À la suite de son client, il dénonce de faux arguments pour plaire aux détracteurs de la discipline : « S'il faut sacrifier le vainqueur pour faire taire quelques contestations, c'est à désespérer de tout ! »
ÉRIC DUSSART

















