Les Chtis de retour à Paris
mercredi 14.01.2009, 04:49 - PAR STÉPHANE CARPENTIER
Les supporteurs lensois ont fait leur deuil de la dernière finale de la Coupe de la Ligue, mais ils rêvent tous d'une rédemption ce soir. PHOTO ARCHIVES PATRICK DELECROIX
Il s'en est passé des choses depuis la triste finale du 29 mars. Lens est descendu en Ligue 2 et, après en avoir été écarté, le PSG a finalement été réintégré en Coupe de la Ligue. Comme un symbole, les destins des deux clubs se croisent à nouveau ce soir dans une épreuve où fut bafoué l'honneur du peuple chti.
Certains acteurs ont été remplacés, le décor a changé, mais la pièce est la même. Ce soir, au moment des trois coups, tout le monde aura donc l'oeil rivé sur le peuple des tribunes, à la recherche d'une nouvelle banderole. Car depuis le 19 novembre, date du tirage au sort des quarts de finale de la Coupe de la Ligue, c'est à nouveau elle la vedette de PSG - Lens.
Un match lors duquel on attend d'abord que soit lavé l'affront fait aux Chtis. Même si dans notre édition d'hier, Daniel Leclercq, le directeur technique du RC Lens, redoutait encore « de la bêtise dans le stade » et regrettait que le PSG soit inscrit dans l'épreuve. Charles Villeneuve, le président du PSG, a donc répondu au Druide que « ni les Huns ni les Wisigoths » ne seraient invités au Parc des Princes. Quant à Paul le Guen, l'entraîneur parisien, il a estimé ces propos « maladroits et peu judicieux avant un match. » Derrière ces échanges de courtoisie, on en oublierait presque qu'il y a en jeu une qualification en demi-finale. On n'efface pas en effet d'un revers de main un malaise qui s'était transformé en affaire d'État. Une affaire qui a dépassé le monde du football et des joueurs qui, eux, pensent d'abord qu'ils ont bon match à jouer.
Le Lensois, Kévin Monnet-Paquet, 20 ans, corrobore cette analyse : « La banderole ? Les journalistes sont là pour ça, pour en parler.
Mais si nous avions gagné ce jour-là, elle n'aurait peut-être pas été autant médiatisée. C'était une finale, il y avait le président, des personnalités...
Tout a pris des proportions un peu étonnantes, ce n'était pourtant pas la première fois qu'on voyait une banderole injurieuse dans un stade.
Le discours de Jean-Guy Wallemme, promu entraîneur du RC Lens en juin, est d'ailleurs très clair à ce sujet. « Le match le plus important de la semaine, c'est la réception de Vannes samedi en championnat, souligne-t-il. Pour autant, cela ne nous empêchera pas de jouer note va-tout et, si nous n'arrivons pas à nous qualifier à Paris, ce ne sera pas un scandale. »
« Concentrés sur l'aspect sportif »
Derrière ce discours raisonné, un autre, plus passionné, guide toutefois le coach, qui est avant toute chose un homme du Nord. « Il ne faut pas minimiser ce qui s'est passé, je suis né ici, je sais ce que tout ça veut dire, mais on se doit d'être concentrés sur l'aspect sportif.
» Et puis s'il n'était pas encore sur le banc du Racing, Jean-Guy Wallemme a aussi vécu de l'intérieur l'événement, en tribune de presse, comme consultant pour France Info. « On parle beaucoup de cette banderole, mais il ne faut pas oublier la déception sur la façon dont Lens avait perdu ce match, avec ce penalty sifflé à la toute dernière seconde. Depuis le début de notre parcours en Coupe de la Ligue, on se sert d'ailleurs de ça comme leitmotiv, on veut effacer cette désillusion pour le club. » Depuis le 29 mars, on aura beau dire ce qu'on veut, PSG - Lens ne sera plus jamais un match comme les autres.

























