Qui dit trésorerie dit trésor, n'est-ce pas ? Combien de clubs amateurs possèdent, dans leurs rangs, ce genre de pépite : à l'US Ascq, Jacques Delattre tient les cordons de la bourse depuis.
.. 1965. « J'étais au club depuis 1956, se souvient ce pur Ascquois de souche. En 1965, le trésorier a dû arrêter. J'ai pris la relève. Depuis, j'ai essayé plusieurs fois de passer le relais mais personne n'a voulu reprendre. Donc je suis resté. » Cette longévité s'explique notamment par le fait que Jacques est programmé pour durer. Crampons aux pieds déjà, il n'a consenti à quitter le terrain qu'à 56 ans. « C'était par prudence, concède-t-il. J'ai été très choqué par le décès d'un joueur qui avait le même âge que moi. »Depuis, il se concentre donc exclusivement sur les finances du club, qu'il a vu évoluer. « Quand j'ai démarré, il y avait une cinquantaine de licenciés. Aujourd'hui, ils sont près de 500, ce n'est plus du tout pareil ! » Alors à chaque saison qui commence, Jacques s'accroche à son calepin et à sa calculatrice pour que le club reste solide sur ses bases financières.
Son secret ? Un flegme légendaire et beaucoup de bon sens. « Je gère en père de famille, résume-t-il. Je n'ai qu'un principe : ne jamais anticiper sur une recette à venir. Je préfère voir l'argent avant de le dépenser ! » Malgré les ambitions des dirigeants, notamment lors du tournoi de Pentecôte. « Quand c'est comme ça, je leur demande de faire bien attention... et je serre la bourse ! » CARINE BAUSIÈRE