L'État s'engage, même si la France n'est pas retenue ; il y aura trente millions pour Lille et douze pour Lens
jeudi 03.12.2009, 05:05 - La Voix des Sports
| FOOTBALL EURO 2016 |
L'enveloppe de 150 millions d'euros promise par l'État aux douze villes candidates à l'Euro 2016
pour construire ou rénover leur stade sera versée quoi qu'il arrive. L'État honorera ses engagements, même si la France n'enlève pas la mise auprès de l'UEFA.
C'est ce qu'a confirmé la secrétaire d'État aux Sports, Rama Yade, à l'issue d'une réunion, hier à l'Élysée, entre Nicolas Sarkozy, les dirigeants du football français et les maires des villes candidates ou leurs représentants. « Cette subvention n'est plus conditionnée à une quelconque obtention de l'Euro. » Martine Aubry, qui réclamait depuis plusieurs jours la confirmation de l'engagement de l'État quelle que soit l'issue de la candidature de la France, avait choisi de ne pas être présente.
Pour Rama Yade, la décision de l'État signifie « qu'il est urgent de rénover les stades. Nos stades ont 66 ans de moyenne d'âge et de toutes les façons il faut engager ce processus de rénovation ».
Onze ans après la Coupe du monde 1998, le « parc » des stades français est obsolète. Les villes ont saisi la balle au bond. Le budget global (constructions et rénovations) se monte à 1,5 milliard.
L'enveloppe de 150 millions sera répartie entre les douze villes à hauteur de 10 % du coût des projets présentés.
« La répartition s'est faite sur des critères équitables, estime Rama Yade. Ce ne sont pas des projets publics, le stade de l'avenir est fondé au moins sur des partenariats public - privé. »
« Une excellente nouvelle »
Selon nos informations, Lille (dont le coût du stade et de ses parkings est estimé à 282 millions) et Bordeaux seraient les mieux dotés. Elles devraient recevoir 30 millions. Les deux villes en demandaient respectivement 45 et 50. La communauté urbaine de Lille recevrait par ailleurs 36 millions au titre des travaux pour l'accessibilité. « Même si l'on demandait 45 millions, c'est une excellente nouvelle », a confié Michelle Demessine. Cela ferait baisser de 2 millions la redevance annuelle fixée initialement à 10 millions.
« L'État a été cohérent », confie de son côté Gervais Martel. La rénovation de Bollaert coûtera 113 millions, et l'État interviendra à hauteur de 12 millions. « Je m'y attendais : cette participation de l'État me semble très logique. Lens est la plus petite des douze villes candidates et cela coûtera zéro euro au contribuable. » Le président du Racing tord le cou au passage aux spéculations selon lesquelles Lens resterait sur le banc des remplaçants. « Je pense qu'on va être retenu. On a fait des efforts considérables et on a un super dossier, sur lequel on travaille depuis trois ans. » Il avoue que Lens est parti de loin. Mais Lille aussi, après les multiples soubresauts subis par le projet du Grand Stade, devenu la pierre angulaire de la candidature française, avec 50 000 places, afin de répondre aux exigences de l'UEFA.
JULIEN LECUYER ET JEAN-PHILIPPE MAILLIEZ
PHOTO PHILIPPE PAUCHET
























