EURO 2016 - Platini : « La présence de Sarkozy a fait pencher la balance »
vendredi 28.05.2010, 15:41 - La Voix des Sports
Le président de l'UEFA Michel Platini a estimé que la présence du président Nicolas Sarkozy avait fait « pencher la balance » en faveur de la candidature française à l'Euro 2016, dont elle a obtenu l'organisation devant la Turquie et l'Italie.
- Etes-vous fier de la décision ?
« Je suis président de 53 pays. Il y avait trois formidables candidatures. Cela s'est joué à rien, dans les évaluations et dans la décision finale. Je suis fier pour des tas de raisons. Je suis content parce que la France a gagné et que je suis français, ne l'oublions pas. Et deuxièmement parce que c'était serré, ouvert, ce n'était pas du despotisme présidentiel, sinon les Français auraient gagné 13-0. Là, ç'a été 7-6 ».
- De quel poids avez-vous pesé ?
« Le poids... j'ai maigri un peu ces derniers temps, et donc peut-être que j'ai eu moins de poids sur les autres (sourire) ».
- Qu'est-ce qui a fait la différence ?
« Je crois que l'arrivée du président de la République a été importante. Déjà la dernière fois, il y a quatre ans pour Pologne - Ukraine, le président de la République était venu. La présence de Nicolas Sarkozy a fait pencher la balance. Ca s'est joué à 7-6. Donc je pense que c'est bien qu'il soit venu ».
- Mais le président turc était là lui aussi...
« Si Nicolas (Sarkozy) n'avait pas été là, la Turquie aurait certainement gagné ».
- Est-ce sa présence ou son engagement qui a fait la différence ?
« Pour arriver à gagner, il faut un engagement de tout le monde. Et la présentation fait souvent vaciller les choses. Pour Paris 2012, la présentation a fait changer complètement et c'est l'Angleterre (Londres) qui a gagné. Je pense que sa présence a été très importante ».
- Après les difficultés pour Ukraine - Pologne en 2012, le fait que la France présente une candidature « sans risque » a-t-il pesé ?
« C'est difficile de savoir ce que les treize membres ont pensé. On peut faire tous les beaux dossiers qu'on veut, à la fin il y a treize personnes qui votent. Peut-être qu'après l'Ukraine il valait mieux avoir un pays stable, mais ils auraient aussi pu prendre l'Italie comme pays stable. Je ne suis pas dans leurs têtes ».
- Justement, quelle position aviez-vous ?
« C'était très inconfortable, et pas facile ni pour moi, ni pour le premier vice-président qui est turc. Ce n'est pas facile de savoir quelle politique on doit mener vis-à-vis des gens, si on doit aller les voir, faire du lobbying, leur parler. La politique, c'est l'art du mensonge. Donc c'était compliqué, très compliqué ».
- Avez-vous néanmoins soutenu la candidature française ?
« Elle n'aurait pas gagné, sinon (sourire) ».
- Est-ce un couronnement de carrière en tant que président de l'UEFA ?
« Non. Le couronnement, c'est le fair-play financier. C'est passé hier, et c'est un moyen de dire que tous les clubs doivent dépenser l'argent qu'ils génèrent, et ne plus vivre à crédit comme ils l'ont fait pendant des années. Ca, c'est un changement inconditionnel dans l'Europe du football ».
- Quand les Bleus organisent une compétition, ils la gagnent...
« Oui mais c'est dans cinq ans ! Il y aura peut-être trois sélectionneurs entre-temps qui seront passés. Moi, je serai dans la tribune à regarder les matches ».














