Rami, le Dieu du stade tisse sa toile
samedi 09.10.2010, 05:18 - La Voix des Sports
À Clairefontaine, l'aisance d'Adil Rami pour la vie en groupe, son sourire et son naturel ont rapidement conquis l'assistance.
| EQUIPE DE FRANCE |
En équipe de France, il faut savoir prendre le pouvoir quand on vous l'offre.
Il faut aussi s'imposer dans le décor, devenir un incontournable et rapidement si possible. Pour toutes ces choses, Adil Rami apprend plus vite que les autres. Ce fut déjà le cas à Lille, où il a grillé la plupart des étapes.
Son passage devant la presse, jeudi à Clairefontaine, est sans conteste celui qui aura fait le plus causer et rigoler cette semaine. Pour changer.
Sa performance devant Montpellier (3-1), le week-end précédent, ainsi que la confiance accordée par Blanc depuis son excellent match en Bosnie (2-1), lui offrent une relative quiétude. « Je sais que je vais jouer, mais ça me donne encore plus envie d'être à 100 %, assure-t-il.
J'ai eu la chance d'être remplaçant contre Gand, j'ai pu décompresser un peu avant d'arriver. »
Une araignée sur le micro
Du coup, Adil est serein, naturel. C'est à ce moment-là que le risque est le plus grand, avec lui. Dans le bon sens : lors de son passage devant les télés, le défenseur lillois a aperçu une araignée sur son micro, a perdu le fil de la conversation, repoussé le fameux micro, demandant à l'attaché de presse qu'on vienne immédiatement le débarrasser de la bestiole.
L'image est passée en boucle sur les chaînes d'info, à l'affût de ce genre de moments : la grande carcasse du défenseur lillois, prêt à concasser ses adversaires, terrorisée par une petite bête à huit pattes. Rien de bien extraordinaire, sinon que Rami s'incruste dans les foyers français avec ce type d'extraits. Qui a évoqué le passage du Parisien Hoarau, sous la même tente, le même jour ?
Pendant qu'il continuait de répondre aux questions, Rami ne s'est pas non plus aperçu qu'une photocopie de sa pose torse nu dans le calendrier des Dieux du Stade circulait sous la tente de Clairefontaine (Rami est le seul non-rugbyman du calendrier, avec le handballeur Karabatic).
Même Laurent Blanc a été sondé sur la qualité de la photo. « Il vaudrait mieux demander leur avis aux dames », a souri le sélectionneur, pas franchement déstabilisé par le cliché dénudé de son défenseur central.
Bref, Rami tisse sa toile à Clairefontaine, où il devient petit à petit un maillon important. Il ne se sent pas « installé » pour autant. « Non, pas installé. j'ai fait trois matchs... Il y a encore beaucoup de travail devant moi. » Mais son aisance pour la vie en groupe, son sourire, son naturel ont rapidement conquis l'assistance, plus sceptique sur ses performances. C'est là-dessus que son avenir en Bleu se jouera. Il s'en doute, et veut éteindre la menace Niculae, ce soir contre la Roumanie, pour continuer à marquer des points. « Il a une bonne qualité de frappe et décroche beaucoup, mais s'il le fait, il faudra que je lui colle au c... Mon but, c'est qu'on le voie le moins possible », affirme le Lillois.
Lucide sur sa progression dans le groupe, dans les deux sens d'ailleurs. « Le brassard ? Ah non, surtout pas à moi (rires). J'aime mettre de l'impact sur le terrain et de l'ambiance dans le groupe, ça me motive, j'aime bien. Mais le brassard, non... »
À CLAIREFONTAINE, ANTOINE PLACER





























