Cela fait aujourd'hui vingt ans. Le 24 août 1988, Gervais Martel devenait à 34 ans le président du RC Lens. Ch'ti au plus profond de l'âme, natif d'Oignies, il se lançait là dans une aventure incroyable et palpitante nourrie d'une passion indéfectible pour les couleurs lensoises qu'il allait supporter, gamin, dans les travées de Bollaert. Certains qui évolueront demain à Nîmes étaient à peine nés. Vingt années ponctuées de moments merveilleux, de bonheurs collectifs dont le seul souvenir donne encore le frisson. Vingt années de construction pour ce bâtisseur infatigable, mais aussi de cruelles désillusions.
PHOTO SAMI BELLOUMI
PAR PHILIPPE LECLERCQ
Vingt ans. Un bail. Mais en ce dimanche d'anniversaire, Gervais Martel n'a pas l'intention de souffler les bougies, pas plus qu'il n'a envie de sabrer le champagne. Pour lui, ce n'est pas jour de fête : « Je n'ai aucunement l'intention de célébrer cet anniversaire. Peut-être le 21e. J'ai trop les boules d'être en Ligue 2. » Il y aurait pour lui une forme d'indécence a célébrer cette date. Au point qu'il a prié ses collaborateurs de ne rien organiser pour l'occasion. Cette descente en Ligue 2, le président lensois la vit comme l'échec de son club. Un échec personnel donc.
Il a pris la présidence d'un Racing qui traversait une période très difficile tant sur le plan sportif que financier. Le trou était gigantesque. Mais sa motivation l'était plus encore. Maître dans l'art de la persuasion, doté d'un incroyable pouvoir fédérateur, créatif et entouré d'amis fidèles, il a entrepris de redresser la barque pour ensuite en faire un vaisseau. Dix ans plus tard, un soir de mai 1998, le RC Lens devenait champion de France. Le pavillon « sang et or » claquait au vent de la réussite et du bonheur. Une finale de Coupe de France la même année, une victoire en Coupe de la Ligue l'année suivante, une demi-finale en UEFA pour suivre, et l'hymne de la Champion's League à Bollaert, presqu'aussi beau qu'une Marseillaise un soir d'été à Pékin.
On pensait le Racing devenir grand d'Europe avec son stade magnifique. Puis la Gaillette imaginée pour berceau de la descendance lensoise. Puis il y eut ce titre de vice-champion de France en 2002. Ce que d'autres eurent accueilli comme un titre de gloire, une ligne d'or sur un palmarès, s'avéra en fait bien plus qu'un simple soir de tristesse pour le destin lensois.
On gratifia Gervais Martel de folie des grandeurs avec des joueurs payés des fortunes, des choix d'entraîneur comme Rolland Courbis aux vertus peut-être plus médiatiques que sportives. On lui reprocha de s'être trompé en « signant » Guy Roux. Il a assumé. Comme il assume la descente en Ligue 2 avec tout ce que cela suppose. Notamment sur le plan financier. Car là, le coup est rude. Actionnaire majoritaire, il est très impliqué à titre personnel.
Croisé hier à la Gaillette à l'heure de l'entraînement, Frédéric Dautreme vient régulièrement de Paris pour vivre sa passion lensoise. Il résume assez bien le sentiment d'une grande majorité des supporters : « Le bilan de Gervais Martel ? Dommage. Il a fait remonter le club, il y a ce superbe titre il y a dix ans, puis cette descente. J'ai du mal à lui en vouloir, même si je suis un peu fâché. C'est quelqu'un d'attachant. Il me fait penser à un mec qui fait des grosses bourdes et qui se reprend. On lui pardonne. Mais ces dernières années, il faut bien avouer que ce n'était pas ça.
» Bien sûr, des erreurs, il y en eut. Mais la situation actuelle doit-elle suffire à oublier les bonheurs ? Vingt ans, voilà un sacré bout de vie. Et si gagner ou perdre, c'était tout simplement la vie. Comme aimer et souffrir.
1988, 1998, 2008, trois années clé. Et en 2018 ? Gervais Martel ne sera probablement plus président. Que sera devenu le Racing ?
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philipped : Voilà une rencontre qui va s'avérer passionnante. La victoire de Boulogne permettrait d'avoir...
chris : Avec les honneurs !: c'est un peu gros,avec la niaque oui,avec desexellents : penneteau...
JEANNINE : on ne doit pas le laisser partir c'est l'avenir du club , il n'y a pas que l'argent,pensez...
indy.texto : Après avoir blessé un membre du personnel une nuit après boire, il ne faudrait surtout pas...