Dans un match ennuyeux entre la France et l'Uruguay, il fut un rayon de lumière, une aération. L'espace d'une mi-temps, Steve Savidan apporta, mercredi, son culot, sa fraîcheur, son envie, cette espèce d'insouciance créatrice qui est sa marque de fabrique. Peut-il, dès lors, avoir un avenir chez les Bleus ? L'ex-Valenciennois se dit en tout cas heureux d'avoir pu montrer sa capacité à répondre présent.
- Comment avez-vous réagi quand le sélectionneur vous a demandé d'entrer en jeu ?
« Je me suis dit que le moment était venu pour moi de faire le travail et que je n'aurais pas une seconde chance. »
- Vous n'avez pas semblé perturbé par la pression... « On m'avait demandé de faire du Savidan. J'ai donc fait du Savidan ! Si je n'avais pas eu cette démarche, j'aurais été à côté du sujet et ça n'aurait pas été bon pour l'équipe. Mais, samedi, avec Caen, la pression sera la même. Il faudra battre Auxerre. En tout cas, sur ce coup-là, je n'aurai pas la prétention de me comparer à mes coéquipiers. »
- Tous vos partenaires, justement, sont venus vous saluer... « C'était très "sympa" de leur part car, pour moi, c'était une nouvelle vie qui commençait. Pendant trois jours, ils se sont vraiment occupés de moi ! »
- On vous a vu sourire souvent, vous étiez heureux ?
« Si moi, Steve Savidan, je faisais la gueule, ça se saurait ! Il y aura vraiment quelque chose de très grave quand je réagirai ainsi... Je n'ai jamais ressenti de pression. J'étais simplement content d'être là. Et puis, vous savez, ça joue comme au stade d'Ornano (à Caen) ! »
- Que vous ont dit les Bleus dans l'intimité du vestiaire. Étaient-ils contents de vous ?
« Ça, c'est interne... ! Oui, ils étaient heureux pour moi. Ils m'ont d'ailleurs remis le fanion du match et plein de maillots du match.Laissez-moi digérer ! »
- Débarquer en sélection à 30 ans, est-ce mieux pour trouver ses marques ?
« Je ne sais pas. Je ne me suis pas posé cette question. Et ce qu'il y a de bien, c'est qu'à Clairefontaine, ils ont tous évité de me la poser. »
- Le public vous a réservé un bel accueil. Y êtes-vous sensible ?
« Le public est souvent versatile... En l'occurrence, j'ai essayé de lui faire partager mes émotions. Le football est un spectacle et si les joueurs ne prennent pas de plaisir, ils ne peuvent pas en donner non plus ! »
- Et maintenant, pensez-vous revenir ?
« Ce soir (mercredi soir), j'avais peur de me rater. Je me devais de montrer quelque chose. La suite, je ne la connais pas... »
- Avez-vous cru marquer sur au moins l'un de vos deux ciseaux retournés ?
« Mais j'aurais pu marquer sur les deux ! C'est là que je me rends compte que j'ai encore du chemin à faire. Comme on dit, cadrer, c'est gagner. Donc, là, c'est complètement perdu. J'en déduis que je n'ai pas fait le boulot... Je plaisante ! »
- Pensez-vous avoir le niveau pour durer chez les Bleus ?
« Je ne sais pas encore si je l'ai. Il n'y a que le temps qui me le dira. Aujourd'hui, je me fixe de nouveaux objectifs, c'est déjà une belle étape. »
Quelque chose de « JPP »...
Jean-Pierre Papin l'a appelé sitôt le match entre l'équipe de France et l'Uruguay terminé. Steve Savidan l'avoua après coup, délivrant alors de jolis éclairs dans le regard. Preuve de sa joie immense d'avoir eu au bout du fil, en ce moment si particulier, le buteur de référence de l'équipe de France des vingt dernières années (trente buts en cinquante-quatre sélections !).
Car entre lui et « JPP », il y a forcément des similitudes. Outre le fait qu'ils se sont révélés tous les deux à Nungesser, il y a aussi le style, l'allure, l'audace et les buts. Quand « Savigol » exécuta ses deux ciseaux retournés, mercredi, les images du passé - les fameuses « Papinades » - resurgirent.
Steve Savidan, lui, la joue modeste. Bien dans le style du personnage... « C'est vrai, j'ai ses caractéristiques, admet-il. On se ressemble. Mais avant de rejoindre Jean-Pierre, il y a encore du boulot car, comme on dit à Marseille, JPP n'est pas mort ! »
P. DI
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chris : Avec les honneurs !: c'est un peu gros,avec la niaque oui,avec desexellents : penneteau...
indy.texto : Après avoir blessé un membre du personnel une nuit après boire, il ne faudrait surtout pas...
Guy NIEUVIARTS : Pour une foi que le VAFC bénéficie des erreurs d'arbitrage nous en entendons bien parler....
robick : hou la la qu'elle est belle l'analyse !!!çà sent un relent de l' "équipe"...
la valenciennoise : je suis très heureuse de voir de nouveau VA sur la bonne voie ça me fait extremement plaisir...