Quarante-quatre ans après, Puyol et ses équipiers vont ramener le trophée Henri-Delaunay en Espagne. L'espagne, requinquée par Luis Aragones, a remporté l'Euro, son deuxième titre international après 44 ans d'attente, en matant l'Allemagne (1-0), hier à Vienne.
Et le héros de 44 millions d'Espagnols s'appelle Fernando Torres. C'est lui qui, lancé par Xavi Hernandez, a mystifié Lahm, qui le devançait pourtant, et a parfaitement piqué sa balle devant Lehmann (33e, 0-1). Le « Kid » de Liverpool, qui restait sur un Euro en demi-teinte (un but seulement avant cette finale dans ce tournoi) a sorti le grand match, dans une rencontre intense.
Il y a 24 ans, Michel Platini privait l'Espagne d'un trophée en remportant l'Euro 1984 avec la France aux dépens de la Roja (2-0). Clin d' oeil de l'histoire, c'est lui, le président de l'UEFA, qui a remis la Coupe aux Espagnols.
Aragones, 69 ans, peut partir avec le sentiment du devoir accompli. Il s'est passé du meilleur buteur de la Seleccion, Raul (44 buts), dans son groupe des 23 et a su bâtir une équipe rajeunie capable de se débrouiller sans Villa, blessé, meilleur buteur de cet Euro (4 buts).
L'Allemagne, avec un Ballack finalement titularisé après l'incertitude qu'avait fait planer son mollet droit la veille de la finale, n'a donc toujours rien gagné depuis 1996. Quant à Ballack, il a passé une sale soirée, obligé de se faire recoudre une arcade sourcilière après un choc de la tête avec Senna en première période. Son tir rasant le poteau de Casillas lui donnera sans doute encore plus la migraine ce matin (59e).
Fringante en tout début de match, la Mannschaft a payé rapidement ses erreurs de défense (6 buts encaissés avant la finale), illustrées par Lahm.
Au-delà de ça, les petits gabarits du Barça, Xavi et Iniesta, ont fait énormément de mal aux armoires à glace allemandes, type Metzelder (1,94 m). Ce dernier, dégageant mal une balle d'Iniesta, fut d'ailleurs à deux doigts de tromper son gardien Lehmann, auteur d'un bon réflexe (15 e).
La domination de la Mannschaft n'aura donc duré qu'un petit quart d'heure, avant que la Roja ne se montre dangereuse, d'abord en contres, puis en rentrant davantage dans le match avec son jeu à une touche de balle.
Après l'ouverture du score, la maîtrise fut espagnole. Jusqu'au retour des vestiaires, où les Allemands firent jouer leur puissance. Mais les Espagnols n'ont pas baissé les yeux, à l'image de ce clash entre Silva et Podolski (65e), front contre front, ou cette tête de Ramos bien détournée par Lehmann (67e). Le défenseur du Real a ainsi fait oublier une fébrilité qui aurait pu coûter très cher si Klose avait pu en profiter dès la 3e minute. Une erreur que tout le monde a déjà oubliée dans une Espagne qui rime de nouveau avec champagne.
Luis Aragones (sélectionneur de léquipe dEspagne) : « Nous avons bien fait les choses. Nous avons gagné, point final (...). Je ne resterai pas (à la tête de léquipe) car je nai eu aucune possibilité pour rester ».
Fernando Torres (attaquant de lEspagne, auteur du seul but du match) : « Cest une joie immense. Il doit y avoir une fête énorme en Espagne. Pour moi, cest un rêve qui se réalise. Une victoire dans un Euro, ça vaut presque un titre mondial. Je pense que nous avons pratiqué un très bon football tout au long du tournoi et ce nest que justice si, à la fin, nous avons gagné. »
Michael Ballack (capitaine de léquipe dAllemagne) : « Cest très triste de perdre quand on est arrivé aussi loin. Ce tournoi arrive en fin de saison et physiquement cela a été dur. Aujourdhui, nous avons commis quelques fautes de trop. Mais quand on regarde le niveau de lEuro, celui de la concurrence avec lEspagne, lItalie, les Pays-Bas, et le fait que lon ait joué la finale, alors je crois que nous pouvons être fiers de notre performance ».
50 000 spectateurs environ.
Arbitre : M. Rosetti (Ita)
But : Torres (33e).
Avertissements aux Allemands Ballack (43e), Kuranyi (88e) ; aux Espagnols Casillas (43e), Torres (74e).
ALLEMAGNE : Lehmann ; A. Friedrich, Mertesacker, Metzelder, Lahm (Jansen, 46e) ; Frings, Hitzlsperger (Kuranyi, 58e) ; Schweinsteiger, Ballack (cap), Podolski ; Klose (Gomez, 79e).
Entraîneur : Joachim Löw.
ESPAGNE : Casillas (cap) ; Sergio Ramos, Marchena, Puyol, Capdevila ; Marcos Senna ; Iniesta, Xavi, Fabregas (Xabi Alonso, 63e ), Silva (Cazorla, 66e) ; Torres (Güiza, 78e).
Entraîneur : Luis Aragones.
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