Globalement, l'Euro 2008 aura engendré du plaisir, beaucoup de plaisir ; et rien que pour ça, ces vingt-deux jours passés à l'écoute du football européen, dans sa version la plus institutionnelle, méritaient d'être vécus.
Que l'Espagne soit sortie en tête, au terme de joutes souvent incertaines, témoigne de la prééminence du jeu, de l'envie et des joies ressenties au contact d'un ballon qui roule dans le bon sens, par rapport à toute forme de calcul, toute forme de repli stratégique.
La Suisse et l'Autriche, pays organisateurs de l'Euro, n'ont pas forcément révolutionné le monde de ce point de vue-là, mais au moins l'esprit, lui, ne s'est pas égaré et c'est déjà un acquis considérable.
Les bilans sont finalement toujours réducteurs mais, en l'occurrence, il est évidemment difficile d'échapper à la douce folie espagnole qui, depuis dimanche, n'en finit pas d'inonder la planète football. Le phénomène d'identification au jeu ibérique et à ses charmes est tel que l'on s'est tous réveillés un peu espagnols, hier.
La victoire finale de la « Roja » est d'abord celle de Luis Aragones, personnage « à la Jacquet », discret mais toujours ferme sur ses choix, ses options. Comme en 1998 pour son collègue français, Aragones a su construire un groupe, contre vents et marées. Comme lui, il a su trancher le moment venu. Comme lui enfin, il a cru en son équipe, en ses hommes. Là encore, face aux rudes vents de la contestation.
La ressemblance s'applique aussi au profil de certains des joueurs de la « Roja ». Des jeunes comme Fernando Torres (à Liverpool) et Fabregas (à Arsenal) ont beaucoup appris en s'immergeant dans un autre cadre de travail, gagnant en volume (lire l'avis de Pascal Cygan par ailleurs), en maturité, à l'image des Bleus de 1998 auxquels l'Italie et l'Angleterre avaient, notamment, fait le plus grand bien. Autre expérience, autre cycle...
P. DI.
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