Faut-il s'en réjouir ou s'en inquiéter ? Si elle a réalisé moins d'opérations que lors des deux précédents étés (90 mutations contre 128 en 2006 et 118 en 2007), l'élite du football français a néanmoins dépensé plus d'argent, perçant le plafond des 200 ME (215) au cours du mercato. Il faut remonter à la période ayant coïncidé avec l'explosion des droits de télévision (2004) pour retrouver trace d'une telle boulimie. Examen d'une vague d'investissements dont on espère qu'elle aura des effets rentables sur les aires de jeu.
PAR PIERRE DIÉVAL
sports@lavoixdunord.fr
Souvent montré du doigt, à tort ou à raison, pour son manque d'ambition, voire, par extension, son incapacité à se caler sur les ambitions de ses grands voisins européens, le football d'élite français semble vouloir, à la lumière des actions spectaculaires de ses clubs de référence, inverser la tendance. Ou à défaut démontrer simplement que ses moyens accrus issus de la renégociation des droits TV (668 ME par an) lui permettent dorénavant de porter son regard plus loin, plus haut.
> Des actes forts. - L'analyse de la démarche des deux premiers du dernier championnat, Lyon et Bordeaux, et de celle du troisième, Marseille, résume bien la tendance générale. Côté lyonnais, si Coupet est parti, à 35 ans, vers l'Espagne (Atletico Madrid), mission remplie et conscience tranquille, précédant de peu Squillaci (FC Séville), globalement le septuple champion de France a su préserver ses forces vives. Et même les enrichir en attirant par exemple un Jean II Makoun et un John Mensah pourtant courtisés par l'étranger, ainsi que deux valeurs montantes, Ederson et Pjanic.
Bordeaux, pour sa part, a dégainé très vite en recrutant Gouffran et Gourcuff, là aussi deux éléments à fort potentiel. Mais la palme de l'audace revient sans doute à Marseille qui s'est entendu avec Lyon pour enrôler un Ben Arfa objet de nombreuses convoitises aussi, et, avec Nice, au sujet de Baky Koné.
Deux jolis coups qui, ajoutés à la venue de Hilton, synthétisent toute la vitalité de nos clubs de pointe.
> Une volonté affirmée. - La vague d'investissement relevée cet été ne se limite pas aux seul trio engagé en Ligue des champions. Quand Paris, en quête de rédemption, met 8 ME sur la table pour enlever Sessegnon au Mans (transfert parisien le plus élevé depuis trois ans), en complément d'autres opérations marquantes (Giuly, Hoarau, Makelele), et Lille 7 ME pour lever l'option d'achat concernant Rio Mavuba - avec en parallèle (voir ci-contre) l'ambition avouée de se doter d'arguments crédibles (Balmont, Vittek, De Melo, Butelle) - on se dit forcément que la Ligue 1 bouge. Et que cette phase de bouillonnement répond à une espérance : celle de grandir. De quoi en somme satisfaire ses bailleurs de fonds et principalement Canal + qui était monté au front à l'heure des tractations télévisuelles pour dénoncer alors le manque d'attractivité du produit L1.
On notera par ailleurs que l'envie de séduire s'est traduite aussi par des actions significatives en termes de salaires : 200 000 E pour Gomis à Saint-Étienne, 320 000E pour Makelele, 220 000E pour Giuly, 2 ME annuels pour Klasnic à Nantes tandis qu'un club comme Lorient gonflait les revenus de ses joueurs convoités.
> Oui, mais... - Seul point noir de cette belle histoire : le championnat a encore vu partir vers l'étranger deux de ses jeunes les plus prometteurs : Samir Nasri (à Arsenal) et Jérémy Ménez (à l'AS Rome). Suffisant pour atténuer l'impact du maintien de Karim Benzema, leur compagnon de génération, dans l'effectif lyonnais.
Ces deux départs, plus que celui de Cissé à Sunderland, rappellent cruellement que la Ligue 1 demeure vulnérable et que le déséquilibre subsiste, même si Makelele (35 ans) et Giuly (32 ans) sont rentrés au bercail.
> Un système D qui marche. - Dans ce tourbillon d'affaires en tout genre et de toutes dimensions, il est un club qui se distingue toujours par la justesse de ses entreprises et la sobriété de son projet : Le Mans. Basa, De Melo, Romaric, Sessegnon, Matsui, Calvé, Yebda, Samassa, Garcia (l'entraîneur) partis, on imaginait le pire. Et voilà qu'une nouvelle mayonnaise voit le jour sur une base norvégienne cette fois (Helstad, Stromstad). Il faut voir dans cette constance incroyable la signature d'un homme avisé : celle de Daniel Jeandupeux, recruteur en chef du MUC 72 et homme de football réputé. Rassurant.
16
Le milieu de terrain belge du Standard de Liège Marouane Fellaini a signé un contrat de cinq saisons en faveur d'Everton, qui a payé 16 millions.
Le transfert le plus cher de l'histoire du football belge.
42
En millions d'euros, la somme déboursée « in extremis » par les nouveaux dirigeants émiratis de Manchester City propriétaires du club depuis le matin de la transaction ! pour faire signer Robinho (Real Madrid) lundi soir peu avant minuit. Le Brésilien, que l'on attendait plutôt à Chelsea devient le transfert le plus onéreux de Grande-Bretagne.
90
Le nombre de mutations payantes en France est d'environ quatre-vingt-dix, soit moins que les deux dernières saisons (128 et 118). Mais les montants des transferts étaient plus élevés.
215
Les clubs de Ligue 1 ont dépensé au total 215 millions durant cet été.
Un nouveau record.
Le septuple champion de France Lyon s'est montré le plus dépensier avec 57 millions d'achats. Suit Marseille avec 28,5 millions.
77
Le record absolu en matière de transfert n'a pas été battu cet été et reste la propriété du Real Madrid qui avait acheté Zinedine Zidane à la Juventus Turin, en 200, pour près de 77 millions.
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DORNEZ : pour moi aussi c'est une drôle de surprise de revoir Grimonprez Jooris ça me fait de la...
Augusto : Enfin, on a quand même compris qu'il fallait s'entraîner deux fois par jour..... Il...
franck de lieu : la vraiment on frise le ridicule;avant que l encadrementdecide de quitter le navire il faudrait...
Augusto : Après cette nouvelle défaite, une fois de plus, on constate que les joueurs ne sont pas assez...