Après la grève des chants, Lille doit faire face ce soir à ses supporteurs en colère
jeudi 02.02.2012, 14:40 - La Voix des Sports
Contre Saint-Etienne, les DVE étaient en grève.
| GALAXIE LOSC |
En fin de journée, les dirigeants lillois doivent rencontrer les Dogues Virage Est, principal groupe de supporters, pour tenter de renouer un dialogue de plus en plus difficile avec le temps.
Il était prévu qu'ils donnent de la voix après une demi-heure de silence total. Mais les DVE sont demeurés muets pendant toute la rencontre Lille - Saint-Etienne (3-0), samedi dernier, alors que certains auraient sans doute aimé s'enflammer après le doublé du nouveau venu, Nolan Roux. Le Stadium, souvent triste en terme d'ambiance, a ce soir-là encore battu des records. « Oui, mais on s'est rendu compte qu'on nous avait coupé le micro quand on a voulu reprendre, alors on était dégoûtés, et on a décidé de ne pas chanter du match », explique Federico Mænza, leader des DVE.
« On veut nous faire péter les plombs »
Signe que les relations entre le club et son principal groupe de supporteurs (700 membres environ) ne sont pas au beau fixe. Samedi, les DVE avaient souhaité marquer le coup pendant trente minutes pour évoquer « l'évolution de plus en plus négative des relations » entre les deux parties et dénoncer ce qu'ils assimilent à une « répression abusive », ont-ils affirmé dans un communiqué. Depuis longtemps, déjà, le club leur refuse toute banderole. « C'est la base de nos animations », déplore Mænza.
« Il y a un bout de temps qu'on nous refuse des choses, ajoute-t-il. Et là, les relations se dégradent, on a été insulté et menacé de dissolution par le responsable de la sécurité (Bruno Chapel), et on trouve que le personnel de sécurité en général, avec lequel cela se passait bien, est de plus en plus agressif et provocateur. On a le sentiment qu'ils veulent nous faire péter les plombs. » A quelques mois du Grand Stade, certains craignent que le club souhaitent définitivement faire disparaître ce genre de groupe. « Vous étiez supporteurs du LOSC, vous apprendrez à devenir clients », ironise un supporteur sur le Net.
« Certains sont alcoolisés et violents »
De son côté, le club dément ces comportements, et le responsable de la sécurité nie avoir tenu ces propos. « C'est dans l'autre sens qu'il faut lire tout cela, assure Frédéric Paquet, le DG adjoint du club. Certains sont alcoolisés et violents. Nous, on n'a pas changé notre ligne de conduite. On s'est vu il y a trois mois, on leur a dit qu'on voulait développer les animations, notamment pour le Grand Stade, mais on veut le faire ensemble. Et on ne changera pas : on veut pratiquer la tolérance zéro sur les insultes, les actes antisociaux, les violences... Le stade est à tout le monde, et aussi aux femmes et aux enfants qui souhaitent y venir. » « On est un public plutôt calme, même si on ne peut pas contrôler tout le monde, et les choses se sont envenimées pour un seul fumigène à Beauvais », signale Mænza, qui évoque l'attitude de « cowboys » de certains stadiers ce soir-là. « La plupart des DVE sont de bonne volonté, mais ils ne peuvent pas maîtriser une poignée de mecs qui font n'importe quoi. Et ils restent solidaires, on peut le comprendre », glisse Didier De Climmer, DG adjoint en charge de la sécurité.
« On leur reconnaît leur existence et leur rôle, assure Frédéric Paquet, la seule chose qu'on n'accepte pas ce sont les incivilités, les gens alcoolisés... Dans le foot, on a une immense responsabilité. En tout cas, on n'a pas coupé le dialogue, on devrait les voir dans la semaine. » C'est pour ce soir. Et il faudra trouver un terrain d'entente car les DVE refusent de reprendre leurs chants, pour l'instant.
ANTOINE PLACER
PHOTO MAX ROSEREAU
























