Ludovic Obraniak : « Quand je suis parti, j'étais un peu triste »
samedi 11.02.2012, 05:37 - PAR ANTOINE PLACER
Ludovic Obraniak (n°4), déjà buteur, est très bien intégré chez les Girondins. - PHOTO PQR
| LILLE - BORDEAUX |
À peine parti, déjà de retour : Ludovic Obraniak, transféré cet hiver à Bordeaux, signera demain (15 heures) un retour précoce à Lille, dans un match fort « émotionnellement ». Il nous en parle.
- Bordeaux, où vous avez signé en janvier, correspond à vos attentes ?
« C'est conforme à ce que j'attendais. J'ai été accueilli de la meilleure des manières. Le vestiaire est super. J'avais un peu peur, parce que je quittais Lille, où le vestiaire est très sain, où j'adorais l'ambiance. Mais j'ai retrouvé un super groupe. En même temps, avec des mecs comme "Matt" Chalmé, "Jaro" Plasil, Ciani... on sait qu'il y a de bonnes bases. »
- Vous avez quitté Lille pour du temps de jeu avant l'Euro. La digestion se passe bien ?
« J'essaye de ne pas trop y penser, je me concentre sur mon nouveau challenge. Mais ce n'est pas simple, j'ai vécu tellement de belles choses à Lille que quand je suis parti, j'étais un peu triste. J'étais bien à l'intérieur du groupe, et j'ai rencontré des gens formidables. Mais ma situation devenait pesante et je sentais que je glissais vers un manque de plaisir. Je sais comment je peux être dans ces moments-là, les six derniers mois auraient été durs. »
- Vous êtes parti comme vous l'avez voulu ?
« C'était un peu bizarre, pour tout dire... Ça s'est fait le soir du match à Lyon (le 11 janvier), où j'étais en tribune. Il y avait une certaine émotion, mais l'équipe a perdu, et j'ai préféré rester sobre, partir discrètement. Je regrette un peu de ne pas avoir pu dire correctement au revoir aux gens du club, aux supporteurs, mais je pense qu'ils savent l'affection que j'ai pour eux. »
- On sait que votre relation avec Rudi Garcia n'était pas simple. Comment s'est-elle terminée ?
« De façon professionnelle. Je n'ai pas grand-chose à dire de plus. On s'est dit au revoir, en même temps on s'était vus deux ou trois jours avant dans son bureau. »
- Il n'a pas essayé de vous retenir ?
« Non, pas spécialement (sourire). Mais bon, je connaissais son état d'esprit par rapport à moi, je savais qu'il n'était pas contre mon départ. Certains au club auraient peut-être voulu me prolonger, mais le choix sportif lui revient. Dans son schéma de jeu, il préfère des mecs qui percutent, et le rôle de joker dans lequel il m'avait installé, je pense que je l'ai presque trop bien rempli, du coup j'ai été cantonné dans ce registre. »
- Paradoxalement, vous êtes presque le messie, vu de Bordeaux...
« Oui, c'est assez bizarre d'ailleurs (rire). Je ne pensais pas que ça prendrait aussi vite. Déjà, c'est appréciable d'avoir un coach qui te fait confiance, et moi je fonctionne à l'affectif. Ça te pousse, ça te rend plus fort. »
- On dit que Lille aimerait que vous ne disputiez pas ce match ?
« Oui (rire). Que veux-tu répondre à ça ? Dans l'esprit, je pars pour jouer, après je ne sais pas ce qui va se dire entre dirigeants. J'ai envie de jouer ce match, même si ce sont des rencontres compliquées émotionnellement. J'avais déjà eu le cas contre Metz juste après mon arrivée à Lille, ce n'est pas un truc facile à faire. »
- Vous aurez un bel accueil ?
« Je ne sais pas, j'espère. J'ai toujours donné le max, mais après on verra bien... En tout cas, il y a plein de gens que je serai content de revoir. J'espère que les choses se passeront bien, déjà pour les Girondins, et ensuite qu'on pourra aller boire un pot avec les potes. »























