Lille, une équipe à l'amer
lundi 13.02.2012, 05:30 - PAR ANTOINE PLACER
Les Lillois - Joe Cole, tête basse et incrédule, et Gianni Bruno, derrière lui - croyaient avoir sauvé au moins le point du nul face à de séduisants Bordelais. - PHOTO STÉPHANE MORTAGNE
| GIFLE Quatre jours après son élimination en Coupe de France, Lille a sombré défensivement devant Bordeaux |
Torpillé par sa fragilité et achevé par un come-back tonitruant d'Obraniak, Lille a rompu face à Bordeaux (4-5), malgré une énorme réaction d'orgueil.
On allait écrire que ce genre de match n'arrive qu'une fois tous les dix ans, et puis on s'est souvenus de Lille - Lorient (6-3), de Marseille - Lille à Tanger (5-4), mais aussi de Lille - Nice en décembre dernier (4-4). Le Stadium a assisté à un spectacle exceptionnel hier après-midi et s'il n'avait pas été aussi amer pour Lille, au terme d'une semaine où la Coupe et la L1 ont semblé se dérober, tout le monde aurait pu s'en gargariser.
Le scénario de l'histoire est lui-même complètement dingue, puisque cette deuxième défaite à domicile a été frappée du sceau de Ludovic Obraniak, transféré en janvier de Lille à Bordeaux, et auteur d'un doublé incroyable, dont le but du succès dans les arrêts de jeu (4-5, 90e+3). La semaine en coulisses avait été agitée autour de la participation du gaucher et Lille avait espéré qu'il s'abstienne.
Il n'y avait pas de raison valable pour que cela soit le cas, à vrai dire, et Bordeaux a bien fait de s'appuyer sur sa nouvelle recrue. Avec Maurice-Belay, buteur précoce (0-1, 107 secondes de jeu) et attaquant véloce, le milieu polonais aura martyrisé son ancien club, profitant des multiples erreurs individuelles (Rozehnal et Debuchy sur le premier but, Rozehnal et Pedretti sur le troisième, Hazard et Rozehnal sur le quatrième) pour creuser l'écart. À 1-4 à l'heure de jeu, alors que le bloc se distendait à la moindre passe entre les lignes, on ne donnait plus cher de la peau du LOSC, gêné par la justesse des remontées de balle bordelaises et le pressing défensif sur Mavuba.
Finalement, deux événements ont ranimé le coeur du LOSC : les entrées stimulantes de Digne et Bruno, escortés par la vitalité de la jeunesse, et un coup franc sensationnel de Hazard, plein axe (2-4, 65e). Le Belge, qui avait perdu un ballon brûlant sur le quatrième but bordelais, semblait alors revanchard, habité par la volonté de ramener le navire à la surface.
Le triptyque Lorient-Sochaux-Rennes s'annonce chaud
Lille s'était mis en route, privant son adversaire de ballon et le prenant à la gorge, comme pour l'étouffer. Il y parvint deux fois, sur un enchaînement contrôle-volée de Debuchy somptueux (3-4, 75e), et sur un nouveau but de Nolan Roux (4-4, 90e). Bordeaux, exsangue et craintif, n'avait plus les jambes pour répondre, à ce moment-là, subissant le pressing lillois de plein fouet. Mais l'égalisation, plutôt que de donner des ailes, a provoqué comme une chute de tension à Lille, qui avait jeté toutes ses forces pour revenir. Et le dernier but d'Obraniak, tout au bout du temps additionnel, est venu récompenser la formation la plus cohérente, hier.
Après « sa » Coupe de France, abandonnée mercredi, Lille a sans doute tiré un trait sur l'autre morceau de son doublé, avec onze points de retard sur Paris et dix sur Montpellier. Même si ce n'était pas un objectif déclaré, c'est une petite tristesse, ce matin. Le podium semble, lui, un objectif compliqué, à l'aube d'un délicat triptyque à Lorient, Sochaux et Rennes et alors que la cohésion défensive s'étiole. Lille est dans le dur.























