Lille, des maux aux mots
lundi 20.02.2012, 05:32 - A LORIENT, PAR ANTOINE PLACER
Les Lillois se sont beaucoup parlé avant Lorient, pour combler leurs lacunes et mieux intégrer Cetto, notamment. - PHOTO PATRICK JAMES
| AUTOCRITIQUE |
Vainqueur à Lorient (0-1) d'un match brûlant pour sa saison, Lille a obtenu la récompense d'une semaine où les discussions en tête-à-tête et une séance vidéo musclée l'ont remis dans le sens de la marche. Il faut garder le fil à Sochaux, mercredi.
Dans une famille, en période de crise, on se réunit et on se dit les choses. Et on lave son linge sale à l'abri des regards. À Lille, la famille s'est réunie, la semaine dernière, alors que la situation semblait déraper. Deux éliminations en coupes, une défaite à Marseille et cinq buts encaissés à domicile devant Bordeaux, il y avait un début d'incendie à l'échelle d'un champion en titre. Même si, en façade, le club a tout fait pour que rien ne filtre, en renvoyant les entretiens individuels avec la presse à la semaine prochaine et en présentant Roux et Pedretti en conférence, deux recrues moins légitimes pour évoquer la cuisine maison.
« Il faut se dire les choses »
Samedi soir, réconfortés par le succès sur Lorient, les mots ont remplacé les maux. Rio Mavuba : « L'analyse d'après Bordeaux était peut-être un peu plus dure que d'habitude, mais on voit que ça fait du bien à tout le monde, tout le monde a su réagir, élever son niveau. Au final, c'est ce qui compte, il faut se dire les choses pour avancer, et c'est ce qui a été fait cette semaine. » Le capitaine n'est pas le dernier, dans ces moments-là, à appuyer où ça fait mal. Dans le vestiaire, il est logiquement l'un de ceux qui peut pointer les insuffisances. « On a surtout fait une grosse séance vidéo sur le match de Bordeaux, où on a vu qu'on avait eu de grosses lacunes. Ça remet tout le monde en question, et je dis bien tout le monde », a-t-il assuré samedi soir, dans une remarque qui semblait englober joueurs et staff.
Les lacunes en question ? Le manque de détermination, d'agressivité. Le groupe ne s'est pas caché derrière son petit doigt et ça a payé à Lorient. Benoît Pedretti : « On a eu une séance vidéo qui nous a fait du bien, qui a montré nos faiblesses. Et après on a bossé toute la semaine, tout simplement. On a discuté, voilà, mais on a toujours confiance en nous. On sait qu'on a de la qualité, simplement il faut mettre les ingrédients, gagner les duels, mettre de l'agressivité, après dans le jeu on sait qu'on a du talent. Franchement, la semaine n'a pas été si difficile. » Staff et joueurs ont discuté, donc, et personne n'a été épargné, pas même Mickaël Landreau, mais Rudi Garcia consomme l'art du management par les deux bouts et, samedi soir, il a passé la pommade après les coups. Après avoir qualifié la performance de son gardien d'« exceptionnelle », il a trouvé une ouverture en évoquant Debuchy : « Mathieu est un cadre, et les cadres ont tiré l'équipe vers le haut, comme je savais qu'ils allaient le faire. Sincèrement, je n'étais même pas inquiet. » Rien que pour l'art de la rhétorique, on aurait aimé savoir ce que l'entraîneur aurait dit, en cas de défaite. Mickael Landreau, lui, dégonfle le contexte, comme souvent. « La semaine ? On ne la vit pas agréablement quand on est sur une série, qu'on vient de se faire éliminer en coupe, qu'on perd contre Bordeaux en prenant cinq buts... Mais j'en ai vu d'autres. Je sais que le plus important, quand ça tangue, c'est d'être sûr de soi. » Et de se parler. Lille ne devra pas l'oublier car, dans sa quête de la troisième place, son talent ne le sauvera pas toujours. C'est ce qu'il s'est dit et ce qu'il a compris, cette semaine.























