« Mon plus gros regret : ne pas avoir réussi à percer au RC Lens »
mercredi 22.02.2012, 05:08 - La Voix des Sports
Formé à Lens, Ludovic Delporte a égalisé pour Angers vendredi face au Racing.PHOTO DELPHINE PINEAU
| FOOTBALL |
Ludovic Delporte avait quitté à contrecoeur le RC Lens, son club formateur et bien plus encore, avant d'exploser de l'autre côté des Pyrénées. Dix ans plus tard, après avoir connu le succès en Espagne, les galères aussi, puis le chômage, le natif de Sainte-Catherine-lez-Arras ne cache pas qu'il aurait aimé rejoindre l'Artois cet été. Son appel n'a pas abouti mais l'ailier gauche de 32 ans a rebondi à Angers où il a signé en décembre. Buteur vendredi contre son « club de coeur », le sportif, l'homme, le père de famille, nous a accordé un long entretien. RECUEILLI PAR EDOUARD WAYOLLE
lens@info-artois.fr
- Un premier but avec le SCO, contre votre club formateur... C'était la soirée idéale pour vous vendredi... « Il y a eu beaucoup de joie, c'est vrai. J'étais surtout heureux pour le groupe. On restait sur trois contre-performances, il fallait stopper l'hémorragie. J'ai eu la chance de marquer ce but important. Au niveau personnel, il fait aussi du bien après six mois sans club. J'ai fait des appels du pied à droite à gauche, malheureusement, sans réponse positive. J'ai eu l'opportunité de faire un essai à Angers en décembre qui a été concluant. J'ai signé six mois. Ce but est une petite revanche personnelle. Je veux prouver que peux encore dépanner. Je monte en puissance, je me sens mieux à chaque entrée en match. Malheureusement, c'est tombé contre Lens... J'aurais marqué contre Istres, Arles, ou une autre équipe, la joie aurait été la même. » - Ce but plonge un peu plus le RC Lens dans le doute. Quel regard portez-vous sur la situation du club ?
« La première descente lui a fait très mal. Le club a eu la chance de remonter de suite mais là, c'est plus délicat. C'est logique. On sait que c'est compliqué de remonter juste après une descente. Et il y a pas mal de jeunes du centre qui arrivent. Le club doit repartir sur de nouvelles bases, ce qu'il est en train de faire... J'espère du plus profond du coeur qu'il arrivera à remonter le plus vite possible car la vraie place de Lens et de son public se trouve en première division. » - Vous parlez des jeunes, mais il y a aussi un moins jeune que vous avez très bien connu... « Exactement, j'ai pu recroiser Franck (Queudrue) vendredi. On ne s'est pas retrouvé dans le même club, bien que je ne cache pas que j'aurais aimé pouvoir faire comme lui et terminer ma carrière au Racing. Il avait 17 ans quand je l'ai connu, j'en avais 15. On a joué deux saisons ensemble avec la réserve. On a continué notre chemin tous les deux avec l'équipe première avant que lui ne rejoigne l'Angleterre et moi l'Espagne. » - Avez-vous eu des contacts avec le Racing ces derniers temps ?
« J'en ai pris. J'étais en fin de contrat en juin avec Tarragone (deuxième division espagnole). J'ai vécu une année difficile sportivement. Nous avons été derniers toute la saison, on est restés cinq mois sans être payés... J'avais aussi envie de revenir en France. J'ai téléphoné pour savoir s'il y avait une possibilité de revenir, de faire ce que fait Franck, donner un coup de main en encadrant les jeunes de l'équipe première. On a toujours besoin de joueurs d'expérience en deuxième division. Lens n'a pas donné suite, peut-être parce qu'ils avaient d'autres joueurs en vue ou car ces dernières années, j'avais peu joué en raison des blessures. Je n'en veux à personne, surtout pas à Gervais (Martel). Ce sont des choix que je respecte totalement. » - Pourquoi être parti du RC Lens ?
« Les portes étaient bloquées à cette période, après le titre en 1998. Il y a eu ensuite un entraîneur (Joël Müller) qui ne me faisait pas du tout confiance. Il fallait voir autre chose. J'avais 21 ans, j'avais envie de faire mon chemin. Il m'aurait été facile de rester, j'avais encore deux ans de contrat et j'avais tout ici, ma famille, mes amis, un centre d'entraînement extraordinaire, la Gaillette venant d'être inaugurée. J'étais dans un cocon.
Mais ce que je voulais, c'était jouer au football et essayer d'exploser. Cela dit, le gros regret de ma carrière reste de ne pas avoir réussi à percer au Racing-club de Lens, dans mon club de coeur. J'ai eu la chance de faire une belle carrière mais j'aurai aimé aller plus loin avec le RC Lens. » - Avez-vous songé à mettre un terme à votre carrière ?
« Quand on voit que les portes se ferment, on y pense forcément... Des clubs, j'en ai appelés... Lens, Boulogne, Laval, Arles, Istres, Metz... Je les ai tous eus. Même des essais, je n'arrivais pas en trouver. J'ai pensé à arrêter, pas simplement pour moi mais aussi pour ma famille. Ce n'est pas évident de vivre dans l'incertitude. On part de Pampelune, on arrive à Tarragone, les enfants changent d'école. Dix mois après, alors qu'ils commençaient à s'habituer, il a fallu les inscrire sur Arras. Et là, je savais que si je trouvais un club en décembre, il fallait à nouveau changer. Ce n'est pas simple pour eux non plus. » - Votre patience a finalement été récompensée... « Pendant les six mois, j'ai continué à m'entraîner seul. Tant que je me levais le matin pour le faire, c'était que j'y croyais encore. Et puis dans ma tête, ma carrière se serait arrêté non pas à 31 ans mais à 28 ans, avant de passer trois fois sur le billard pour une blessure à la cuisse. Je suis resté pratiquement deux ans sans jouer. J'avais un manque, le foot, c'est ma passion. Je voulais continuer. Je ne voulais pas devoir arrêter, alors que je suis rétabli, juste parce que je n'avais pas de club. Je n'ai pas baissé les bras. C'est peut-être une nouvelle carrière qui commence. »

























