Adieu « Dédé », on t'aimait bien...
mercredi 22.02.2012, 05:16 - La Voix des Sports
André Nita avait aussi entraîné les jeunes. Ph.ARCHIVE J.-CH.BAYON
| HANDBALL |
En apprenant le décès d'André Nita, Jean-Luc Comyn, qui l'a côtoyé au club de handball dunkerquois et également en qualité d'arbitre, a écrit spontanément une lettre, qu'il nous a adressée, hier matin. Nous publions ici ce témoignage empreint de respect et d'estime pour l'homme et le sportif.
« André Nita est né le 5 septembre 1949, il a disparu ce 19 février. Monsieur Nita a été et restera un exemple de sportivité, d'humilité, de gentillesse dans un monde où posséder ces qualités n'est pas toujours un atout. La première fois que j'ai vu André Nita, ce fut aussi la première fois que je découvrais le handball de l'élite de l'époque, au début des années 1970, quand Billy-Montigny recevait Dijon, pour une demi-finale de championnat de France. Cela se passait au stade Paul-Guerre de Billy-Montigny, dans une salle quasi mythique pour les anciens du hand.
"Dédé", jeune international, avait été percutant, généreux, buteur, dans une équipe où les Cailleret, Joseph Rada, Majchryk n'étaient pas des faire-valoir.
Et puis, "Dédé" fut le joueur emblématique que le club de Dunkerque, qui ne s'appelait pas encore l'USDK, attira sur le littoral.
À l'époque, le club cher à Jean-Marie Deceuninck avait besoin d'un moteur, d'un emblème, d'un exemple pour les jeunes du cru, brillants, mais pas assez aguerris, pour atteindre les championnats nationaux des adultes. André Nita, international, fit gravir les échelons aux gamins qu'il guidait. Il fut de toutes les épopées qui amenèrent d'abord le club dunkerquois en N3, puis ensuite jusqu'au plus haut niveau hexagonal.
"Dédé" fut, au début de sa carrière dunkerquoise, entraîneur-joueur. Il était celui qui se précipitait à l'entraînement pour aller chercher les ballons égarés, celui qui était avant tout joueur, qui aimait son sport et ceux qui le pratiquaient.
Et puis "Dédé" se rapprocha des équipes de jeunes qui l'adoraient. Celui qui avait conservé son corps de jeune homme grand et musculeux trouvait toujours un prétexte pour gambader avec les espoirs du club, abandonnant avec regret le maillot et le short de pratiquant, pour continuer de donner la bonne attitude aux jeunes, et aussi pour se convertir, un peu, dans l'arbitrage.
Le grand "Dédé" nous écoeurait toujours dans les tests physiques des arbitres, de début de saison, par sa facilité. Il était resté le même, agréable, humble, discret, dans une enveloppe d'athlète. Mais en ouvrant le journal de ce mardi, j'ai eu un vrai choc, un choc affectif pour celui que j'avais encore salué, mercredi dernier, lors du match de l'USDK contre Istres. Toi, "Dédé", le plus sportif d'entre nous, celui que je revoyais toujours avec plaisir, celui qui n'avait jamais de méchanceté dans ses propos, celui pour qui j'avais conservé le respect que l'on doit à ceux qu'on apprécie pour nous avoir fait aimer un sport, mais aussi pour leur personnalité, et leur charisme timide, tu étais parti, dans ton sommeil, avec discrétion, comme de bien entendu.
Adieu mon "Dédé", je ne t'ai pas assez côtoyé, mais tu resteras parmi ceux qui comptent. »

























