Ludovic Pollet : « Je n'arrivais plus à faire la part des choses »
mercredi 22.02.2012, 05:16 - La Voix des Sports
L. Pollet : «J'avais perdu cette flamme pour relever des défis qui demandent beaucoup d'énergie.»
| FOOTBALLCFA |
Hier, Ludovic Pollet a annoncé à ses joueurs sa démission, à la veille du match face à Poissy, aujourd'hui. Nicolas Huysman, le manager, va assurer un intérim de deux matchs. Un nouvel entraîneur devrait logiquement arriver en début de semaine prochaine. L'USLD n'a plus gagné en championnat depuis le 24 septembre. Ces difficultés expliquent, en partie, la décision de Ludovic Pollet. Mais ce sont surtout des raisons personnelles, une difficulté à prendre du recul face à ce métier passionnant et dévorant à la fois, qui l'ont visiblement poussé à s'en aller. Il s'en ouvre avec franchise.
PAR FRÉDÉRIC SOURICE
dunkerque@lavoixdunord.fr PHOTO JEAN-CHARLES BAYON
> Ludovic, pourquoi avez-vous décidé de démissionner et de quitter l'USLD ?
« J'arrivais à un point où je n'éprouvais plus de plaisir. Je ne me retrouvais plus dans cette équipe-là. C'est une décision plus personnelle qu'autre chose. J'ai passé plus de 8 ans ici. Au début, j'étais venu pour six mois. Après avoir franchi toutes les étapes, j'avais perdu cette flamme pour relever des défis qui demandent beaucoup d'énergie. » > La flamme de la compétition, du foot ?
« Je l'ai la passion. Je la vis à travers le plaisir, la gnaque. Ce que j'étais comme joueur et que j'ai eu comme entraîneur, l'année dernière, où on avait l'obligation de remonter. Là, je prenais tout à coeur à travers nos résultats. Je le prenais pour moi. Je n'arrivais plus à faire la part des choses. Ça se retrouvait dans ma vie, avec mes enfants. Ça mettait des choses en danger. Je ne voulais pas négliger ça. » > Ça vous affectait en tant qu'homme ?
« Ça m'affectait, en terme de santé. Je vis les choses pleinement. Avec l'expérience, on apprend. Je ne suis qu'un jeune entraîneur. J'avais du mal à faire la part des choses. Je ne voulais pas amener l'équipe dans une plus grande difficulté, sachant que je n'avais plus les moyens de la faire rebondir. L'équipe est 7e (9e en fait), ni trop loin du haut, ni trop près du bas. C'est encore une situation confortable. J'amenais du stress à l'équipe. J'ai essayé de changer mon discours, d'être plus proche des joueurs, plus fermes aussi. J'en ai écartés. J'ai beau avoir essayé, sur les derniers matchs amicaux, ça n'a pas pris. » > Le mot est fort, mais est-ce que vous avez l'impression que vos joueurs vous ont trahis, quelque part ?
« Non. Je ne peux pas leur reprocher ça. Ils ont toujours eu envie. Ils manquaient de confiance, mais ce groupe est très sain. Ils ne m'ont pas trahi, au contraire. C'est un groupe que j'apprécie énormément. Sincèrement, ils sont capables de grandes choses, même s'il manque un vrai patron pour mener le bateau. J'ai manqué d'un relais, de plusieurs relais sur le terrain. C'est le seul reproche que je puisse faire. » > Il y a un mois, on avait entendu des rumeurs de démission, déjà, vous concernant. C'était le cas ?
« Après Lens (défaite 1-2 à Tribut, malgré l'expulsion rapide d'un Lensois), ça m'avait traversé l'esprit l'espace de quelques minutes. Je m'étais dit : "non. Je vais récupérer des joueurs blessés, ça va aller mieux." Mais sur les amicaux, ça ne prenait pas. Je me suis dit : "là, il y a danger." Soit, on continue comme ça et je vais attendre d'être viré, soit je prends les choses en mains. Un moment, quand ça pourrit ta vie, ton équipe, même si pourrir est un grand mot, je ne fonctionne pas comme ça. » > Aujourd'hui, vous avez envie de quoi ?
« De souffler. De profiter des 3-4 mois devant moi pour me ressourcer, retrouver les gens que j'aime. Puis partir sur un autre challenge. Je ne sais pas l'option. Le foot ou autre chose. Les deux à la fois. On verra. »

























