Adil Rami, vignette 168, fait une entrée remarquée
lundi 19.01.2009, 13:00 - PAR CARINE BAUSIÈRE
| PANINI |
L'an dernier, le défenseur lillois Adil Rami faisait une entrée sur la pointe des pieds dans l'album foot Panini : deux lignes dans un coin, pas de photo. « Que dois-je faire pour y avoir droit ? », s'était-il demandé. Un an, une sélection chez les Bleus et trois buts plus tard, le voilà devenu incontournable dans l'édition 2008-2009 !
Ce qu'il y a de bien, quand on a tout juste la vingtaine, c'est que les souvenirs d'enfance ne sont jamais loin. Et quand on évoque les albums Panini avec Adil Rami, les images remontent vite à la surface. « En fait, raconte-t-il, tout ce que mon grand frère aimait, je le faisais aussi. Et comme il collectionnait les vignettes des albums, je m'y suis mis ! Il était fan de Monaco, j'ai suivi. » À cette époque, les deux gamins fréquentaient le centre social de leur quartier, l'Agachon, à Fréjus. Régulièrement, des sorties étaient programmées au stade Louis-II, sur le Rocher. « On allait voir les gros matchs, c'est comme ça que j'ai pu découvrir les joueurs de près. Le tout premier que j'ai rencontré, c'était Sonny Anderson. Et celui qui me marquait le plus, c'était Martin Djetou, à cause de ses jambes. Elles étaient énormes !
» Les deux joueurs devaient donc figurer en bonne place et en priorité dans l'album chaque saison, ce qui demandait une certaine débauche d'énergie.
Mais là, Adil se montre plus évasif d'un coup. « On se débrouillait toujours pour avoir les plus gros joueurs », sourit-il avec une pointe de malice dans le regard.
Pour cela, il fallait troquer avec les autres mordus de vignettes du centre social, ce qui supposait de signer un cessez-le-feu temporaire. « Nous, on était supporters des Monégasques. Après, il y avait aussi des Parisiens et des Marseillais. Quand on n'allait pas au stade, on regardait tous ensemble les matchs sur grand écran, et ça pouvait finir en petite bagarre. On était à fond dedans ! » Désormais, Adil est passé de l'autre côté, celui des footballeurs professionnels immortalisés sur papier glacé dans l'album. Il lui aura fallu être patient pour en arriver là. L'an dernier, seul son nom figurait dans l'équipe du LOSC. Depuis, les choses ont bougé pour le défenseur lillois, qui a quitté l'anonymat.
Repéré par Raymond Domenech, il a découvert Clairefontaine début 2008, le temps d'une sélection avec l'équipe de France A. « Je me rappelle du premier jour où j'y ai débarqué. J'étais très impressionné par les grands joueurs. Quand j'étais petit, je considérais les pros comme des dieux. Là, évidemment, c'était différent, mais j'étais épaté ! » Du coup, Adil a gardé précieusement tous les souvenirs de son passage chez les Bleus. « Même les chaussettes ! J'ai tout donné à ma mère, à Fréjus. Mais bon, il manque encore du stock pour faire un musée ! » La collection familiale s'enrichit tout de même au fil du temps, avec une nouvelle pièce en ce début d'année : « Alors, elle est où ma petite tête ? », s'amuse le Lillois en découvrant sa toute première vignette officielle Panini, un peu ému, intrigué aussi. « Ah, pour une fois, ils ne se sont pas trompés sur les informations », remarque-t-il en consultant l'album : « 1,90 m, 89 kg, c'est bien ça ! » Estampillé numéro 168, il ne peut s'empêcher de sourire en voyant ses équipiers, dont Rio Mavuba, désigné top joueur. « Il ne faut pas lui dire, il va s'enflammer ! » Trêve de plaisanterie. Malgré ses trois buts et ses sorties remarquées, le défenseur garde les pieds sur terre. « Je ne pense pas que les gamins voudront absolument ma vignette. Le Lillois plus demandé, ce sera sûrement Bastos. » Et dans les autres équipes ? « Gignac, Hoireau, Giuly, Niang », pronostique Adil, qui les a déjà tous eus au marquage.
Et s'il devait se projeter dans l'avenir, dans quel club aimerait-il être pris en photo, les prochaines fois ? « Je ne sais pas », répond-il, très diplomate. Peut-être à Manchester United, son équipe fétiche sur jeu vidéo... où il joue attaquant. Mais ce n'est pas d'actualité, même s'il l'avoue, « je n'arrête pas de rêver ! ».

























