Derrière le « fun », l'enjeu de l'image
lundi 13.07.2009, 05:00 - La Voix des Sports
| SPORTS DE SABLE Chaque été, ils sont de plus en plus présents sur les plages de France |
L'été, rien de tel que de se laisser aller à la pratique ou à la découverte d'un nouveau sport de plage. En vogue ces dernières années, ces pratiques alternatives constituent surtout un formidable outil de communication pour des fédérations sportives en quête de nouveaux licenciés.
PAR AURÉLIEN ACCART vds@lavoixdunord.fr PHOTO EDOUARD BRIDECompétition. Compétition. Le mot n'est pas loin d'être tabou pour les amoureux des sports de plage. L'été, le soleil, le « fun », voilà l'esprit qui anime en principe les pratiquants de ces sports alternatifs, popularisés au cours de la dernière décennie.
Pourtant, la course aux licenciés, qui préoccupe toute l'année les fédérations sportives, ne s'arrête pas là où la plage commence. La déclinaison sur le sable d'un sport constitue, pour ses instances dirigeantes, un formidable outil de promotion. Mais toutes ne poursuivent pas les mêmes objectifs.
Roi incontesté sur les plages, le beach-volley a pris une avance considérable. Sport olympique depuis 1996, son développement est soutenu activement par la fédération française de volley, qui s'en sert pour soutenir la pratique en salle. « Le beach-volley est une véritable soupape pour le volley en salle », souligne Cédric Débonnet, qui assure cet été la promotion de la onzième édition du Beach tour régional. « L'un des grands intérêts du beach-volley, c'est justement son côté fun. C'est plus spectaculaire et aussi plus facile à suivre et à comprendre qu'en salle. De ce point de vue-là, le beach permet d'intéresser et d'amener les gens vers notre sport. » Sauf que le beach-volley tend désormais à dépasser son rôle de vitrine. Sport à part entière, il ne lui manque que les structures couvertes permettant d'y jouer toute l'année - elles devraient émerger rapidement dans la région - pour prendre son envol.
Sortir des gymnases
À l'opposé, le sandball ne suit pas la même trajectoire. Cette variante du hand est connue depuis longtemps, mais selon Grégory Gosseau, qui s'occupe de sa promotion à la ligue Nord - Pas-de-Calais de hand, l'esprit n'est pas le même. « Le beach volley est un sport olympique. Le Sand, c'est une récréation. » Une animation ponctuelle, qui vise plus à faire sortir les handballeurs de leurs gymnases qu'à en recruter de nouveaux. « La fédération n'a pas la volonté d'en faire un sport olympique. On y perdrait en image. » Pour recruter, le hand compte plus sur les retombées du sacre mondial de l'équipe de France et la médiatisation du sport. Même si sa variante des sables permet tout de même « d'occuper le terrain. » Une simple présence dont se contente également la fédération française de football, qui ne manque, il est vrai, ni de licenciés ni de médiatisation. Son Beach tour, organisé chaque année sur quelques plages françaises, masque mal l'orientation vers le haut niveau donnée à ce sport, en France, par les frères Cantona, autour de l'équipe nationale.
Beach-tennis : la nouveauté
Le Beach-rugby tour, qui passera cet été par la plage de Berck-sur-mer, poursuit quant à lui un but bien précis. Faire découvrir le sport dont il est issu, bien sûr, mais aussi provoquer, selon la fédération française de rugby, « un engouement pour le rugby à sept, don t les règles se rapprochent beaucoup, afin d'en faire un sport olympique à l'horizon 2016. » Cet été, un nouveau sport monte au filet. Le beach-tennis, très connu dans d'autres pays, comme l'Italie, et dont la pratique en France était jusque-là cantonnée à l'île de la Réunion, doit encore faire ses preuves sur les plages de l'hexagone. « Ce qui plaît à tout le monde, c'est le fait qu'il y ait moins de règles et moins de pression que dans le tennis traditionnel », explique Laurie Cadel, fondatrice au début de l'année de l'Association française de beach tennis (AFBT). Un potentiel qui n'a pas échappé à la Fédération française de tennis. Soucieuse de rajeunir son image, elle organise cet été les premiers championnats de France de beach-tennis. Pour les promoteurs de ce sport, c'est une aubaine. Même si, à plus long terme, ils espèrent pouvoir développer ce nouveau sport au sein d'une fédération indépendante. La récupération, ça ne dure qu'un temps.













