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Pourquoi, à la fin, ce ne sont jamais les équipes nordistes qui gagnent ?

jeudi 10.06.2010, 05:13 - La Voix des Sports

 La Ligue des champions a échappé aux Lillois, forcément très déçus, lors de la dernière journée de L1. La Ligue des champions a échappé aux Lillois, forcément très déçus, lors de la dernière journée de L1.

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Le Nord - Pas-de-Calais présente un grand nombre d'équipes dans les championnats élite des sports collectifs. Mais cela ne garantit pas une belle moisson de titres. Ces derniers sont même assez rares. La saison sportive qui s'achève ne déroge pas à la règle. Aucun titre, aucune coupe ne sont venus garnir les étagères des sports majeurs. Pourquoi les Nordistes ne gagnent-ils donc jamais ?

PAR SÉBASTIEN VARNIER

sports@lavoixdunord.fr PHOTO MAX ROSEREAU

> L'hypothèse économique. Qu'il s'agisse de football (Boulogne, Lens, Lille, Valenciennes), de basket-ball masculin (BCM), féminin (Arras, Armentières, Calais, ESBVA-LM), de handball (USDK) ou de volley-ball (Tourcoing LM), aucun de nos clubs ne présente le plus lourd budget de son championnat. Dès lors, il devient délicat de rivaliser avec les très grosses cylindrées comme Montpellier (hand), Marseille (foot) ou Le Mans (basket).

Néanmoins, l'argent fait-il tous les bonheurs dans le sport de haut niveau ? Si nos clubs ne partent pas en pole position en début de saison, la plupart ne se situe pas en fin de grille. Le LOSC, le BCM ou l'USDK présentent des budgets qui peuvent laisser espérer des petits quelque chose. On constate que des clubs à petits budgets parviennent parfois à décrocher le pompon. Auxerre (foot) s'est qualifié pour la Ligue des champions, Guingamp (foot, L2) avait gagné la précédente édition de la Coupe de France. Le budget demeure pourtant incontournable. Orléans (basket, 5,5 ME) vient de remporter la Coupe de France (en finale contre Gravelines, 4 ME). Mais si l'argent reste une donnée importante, il ne gomme pas totalement la glorieuse incertitude du sport. Hélas, nous ne profitons guère de cette dernière.

> L'hypothèse quantitative. Jamais nous n'avons eu autant de clubs de haut niveau : on comptait quatre clubs en Ligue 1 (foot), la Ligue féminine de basket comptera peut-être cinq clubs la saison prochaine (Arras, Calais ESBVA-LM, Union Hainaut et peut-être Armentières en cas de repêchage), la Pro B de basket compte désormais trois clubs (Boulogne, Le Portel, Lille), sans oublier ceux qui sont seuls dans leur division (BCM, TLM, USDK). Mais ce nombre amène peu de titres finalement. Nos clubs sont-ils trop nombreux ? La chasse aux subventions et aux sponsors s'éparpille et les moyens avec. On en revient au nerf de la guerre.

Mais l'option quantitative n'est pas pour déplaire. Elle permet d'offrir au public de la région une offre de haut niveau incomparable. C'est important.

Néanmoins, il existe des paradoxes. Sur certaines zones, l'embouteillage est là (trois gros clubs de basket sur le littoral, plusieurs clubs de l'élite dans la métropole lilloise). En mettant tous les oeufs dans un même panier, les titres tomberaient peut-être plus facilement.

Entre quantité et qualité, la région a fait son choix. Il se défend. Mais si l'on regarde les « gagnants » de la saison, une tendance s'impose.

Clermont (rugby), Tarbes (Ligue féminine), Marseille (foot), Tours (volley), Montpellier (hand), Cholet ou Le Mans (basket) : à l'exception de Montpellier, ces villes ne comptent qu'un ou deux clubs de très haut niveau.

> L'hypothèse psychologique. Et si c'était dans la tête, tout ça ? Et si le Nord ne savait pas gagner ? Historiquement, cela ne tient pas. Nos clubs ont su gagner dans un passé plus ou moins lointain : LOSC, Lens (foot), USVO, BCM, Berck, Denain (basket), on en passe et des meilleurs. Durer est certes plus compliqué, mais d'autres places fortes (Béziers en rugby ou Limoges en basket) ont aussi connu des hauts et des bas. la région n'est donc pas une exception.

Cependant, il nous semble que la fameuse culture de la gagne se soit un peu perdue ces derniers temps. Ce petit plus mental est-il assez pris en compte dans les recrutements de joueurs ou de techniciens ? Marseille (foot) a mis fin à dix-huit années de disette grâce à Didier Deschamps, un homme qui respire la victoire. Nos clubs évoluent encore avec la nostalgie d'éléments qui leur ont fait gagner des titres.

Preuve que certains passages marquent les esprits. Peut-être faut-il prendre plus de risque en ce sens ? La victoire étant contagieuse, on peut penser que le premier qui décrochera le Graal entraînera les autres dans son sillage. Pendant de longues années, l'USVO ne parvenait pas à gagner. Et une fois débloqué son compteur, le club valenciennois a enchaîné les titres, remportant tout ce qu'il était possible de gagner en France et en Europe.

Clermont, nouveau champion de France de rugby, a eu besoin de dix finales du Top 14 pour enfin en gagner une. En sport, la dernière marche est souvent la plus difficile et la plus longue à gravir. Nos clubs n'en sont plus très loin. Peut-être la saison prochaine ? Croisons les doigts. •

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