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Quand la combinaison est gagnante.

mercredi 16.04.2008, 10:12
Quand la combinaison est gagnante. La combinaison Speedo Racer LZR fait fantasmer les nageurs. Dix-huit records du monde en grand bassin ont été bttus avec ce produit. PHOTO MAXPPP.

Année olympique oblige, les équipementiers ont sorti leurs nouvelles combinaisons. Certaines passent pour des produits miracles et l'enjeu est devenu énorme entre les fabricants. Au bord des bassins, on ne parle plus que de ça...

> Un peu d'histoire. - C'est en 1999 que la Fédération internationale (FINA) a autorisé les combinaisons. Le grand public les a vraiment découvertes lors des Jeux de Sydney en 2000. On a tous en tête l'image de l'Australien Ian Thorpe dans sa combinaison noire.


> Le contexte actuel. - En cette année olympique, les principaux fabricants (Arena, Speedo et Tyr) ont sorti leurs nouveaux modèles et équipés leurs nageurs. Certains (les Américains Speedo et Tyr notamment) ont opté pour un pari technologique en posant des panneaux de polyuréthane (un dérivé du silicone) sur la combinaison. De son côté, Arena n'a pas osé ce pari et a préféré faire évoluer son ancien modèle. Aujourd'hui, le choix technologique l'emporte. Dix-huit des dix-neuf records du monde en grand bassin ont été améliorés avec la combinaison Speedo, un seul avec celle d'Arena.


> Les derniers soubresauts. - À Manchester, lors des Mondiaux en petit bassin, Arena a tenté de faire reculer la FINA qui a validé toutes les combinaisons. En vain. Arena prétextait que le règlement indiquait que des tissus pouvaient uniquement être utilisés dans la fabrication. Le polyuréthane n'est pas un tissu mais la FINA a débouté Arena.


> La course à l'armement. - Depuis dimanche, Arena a annoncé le développement d'un nouveau prototype qui sera prêt pour les Jeux de Pékin. Face à la pression de ses nageurs sous contrat (Magnini, Manaudou...), l'équipementier doit vite revoir sa copie. Plus généralement, la décision de la FINA fait entrer ce sport dans une intense phase technologique. Ce qui ne déplaît pas à l'instance internationale. « On n'a jamais autant parlé de natation », a, par exemple, souligné le directeur exécutif de la FINA, Cornel Miralescu.


> Pourquoi les nouvelles combinaisons battent-elles les records ? - Sans oublier les performances des nageurs, les panneaux de polyuréthane assurent une glisse et un gainage supérieurs. Les coulées sont meilleures, et, surtout, le nageur dépense moins d'énergie pour flotter.
Certains scientifiques estiment qu'un nageur peut améliorer ses performances de 2 à 3 %. Un chiffre fait même fantasmer les nageurs : un gain de quatre dixièmes par cinquante mètres pour certains gabarits ! Des nageurs ont baissé leurs meilleurs temps de deux ou trois secondes ! L'ancien record du monde du 4 x 200 m femmes en petit bassin a même pris sept secondes dans la vue !


> Un sport en pleine révolution. - Dix-neuf records du monde en grand bassin, dix-huit lors des Mondiaux en petit bassin, les meilleures marques tombent comme des mouches. Certains spécialistes estiment que tous les records du monde tomberont d'ici aux JO de Pékin !
Mais que valent ces temps ? Comment les comparer aux anciens ? Personne n'est aujourd'hui capable de répondre. Plus grave, certains s'interrogent sur l'avenir de la discipline. Si les combinaisons aident à flotter, les aspects techniques pourraient être moins importants au détriment de la seule puissance.
Serait-ce la fin des nageurs longilignes ? Pas sûr. Parmi les deux rois du sprint cette saison, on retrouve le plus costaud de tous (le Français et recordman du monde du 100 m Alain Bernard) et le plus fin de tous (l'Australien Sullivan, recordman du monde du 50 m)


> Quid de Dunkerque ? - Certaines nations (Italie, Canada) ont interdit les nouvelles combinaisons pour leurs sélections olympiques afin de préserver l'équité entre les nageurs. La France a fait le choix de suivre les décisions de la FINA. On verra des combinaisons Speedo et Tyr à Dunkerque.
Que vont faire les nageurs Arena ? Vont-ils prendre le risque de se faire battre par un nageur qui a un équipement différent ? Sous contrat avec Arena, Laure Manaudou a déjà mis la pression à son sponsor : « Aux Jeux, je nagerai avec le meilleur équipement possible. » Mais dimanche, c'est Dunkerque, et il est fort probable que certains nagent en Speedo même si la combinaison n'est pas encore commercialisée. C'est sans doute le prix à payer pour assurer son billet pour Pékin. •

PAR SÉBASTIEN VARNIER
EN CHIFFRES

• 3 : Trois années ont été nécessaires pour développer la combinaison qui bat tous les records. Quatre cents nageurs ont été concertés et même la NASA a participé à son élaboration !
• 10 : En compétition, un nageur utilise sa combinaison une petite dizaine de fois. Pas plus. Passé ce délai, l'efficacité n'est plus vraiment garantie.
• 15 : En minutes. C'est parfois le temps que mettent certains nageurs pour enfiler la combinaison. Cinq minutes suffisent pour les plus doués.
• 450 : C'est le prix en euros de la fameuse combinaison LZR Racer de Speedo.

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