Battue sur 400 mètres lundi à Dunkerque, Laure Manaudou ne semble plus dominer autant sa discipline. Tentative d'explications.
- La combinaison ?
A chaud, c'est un peu l'explication donnée par la meilleure nageuse mondiale 2007. Sonnée par sa défaite sur 400 m, choquée même, Laure Manaudou a de suite indiqué qu'elle souhaitait un nouvel équipement. Sportivement, cela ne tient pas. Elle a nagé lundi avec la combinaison qui a permis à l'Italienne Federica Pellegrini de battre son record du monde du 400 m. A Dunkerque, Camelia Potec a même remporté cette course avec l'ancien modèle Arena. Laure Manaudou avait le nouveau. Si l'argument ne tient pas, il montre seulement à quel point ce problème des combinaisons perturbent les athlètes. Psychologiquement, certains le vivent très mal. Notamment Manaudou, qui a vu plein de nageurs Arena opter pour la concurrence alors qu'elle est pour le moment demeurée fidèle à son équipementier.
- La forte pression ?
A force de parler de record du monde, de performances exceptionnelles, Laure Manaudou a-t-elle craqué ? C'est possible. Elle a tellement habitué son monde à l'exceptionnel. Beaucoup ont sans doute oublié qu'elle était aussi humaine. Son coach Lionel Horter s'est montré virulent envers les caméras qui auraient perturbé Manaudou durant son échauffement. Cela ne semblait pas plus envahissant que d'habitude. Mais cette pression semble être moins bien gérée par son clan désormais. Philippe Lucas avait cette force d'attirer lui aussi beaucoup de caméras, c'était autant de pression en moins pour Laure. Il est clair que son entourage doit s'interroger sur cette question et penser à un vrai plan de communication...
- La concurrence n'est plus la même
C'est un argument à ne pas oublier. Manaudou n'est plus seule, y compris au plan national. La concurrence du 400 m, elle la vivra également sur 200 m. Elle a tiré la natation française vers le haut et même pour elle, la qualification pour les Jeux n'est plus acquise si facilement. La concurrence est également très vive au plan international. En une saison, tout a changé et les hiérarchies ont été bousculés en plusieurs endroits. Manaudou n'a pas échappé au phénomène.
- Le poids des sélections olympiques
Sans pression, lors des championnats d'Europe, les Français ont battu des records, on filé très très vite. Que voit-on à Dunkerque ? Des nageurs tendus, stressés. Pourquoi ? Parce que l'enjeu est énorme. Il s'agit de valider quatre années de préparation par une place aux Jeux. "Je ne comprends pas, avouait le sprinteur Gregory Mallet après les demies du 200 m, j'ai la forme de ma vie mais je n'avance pas !". Pourquoi ? Parce que ce sont les sélections et que cela demande une approche psychologique particulière. Manaudou avait peut-être oublié cela.
- Un déficit de préparation
On le sait, la championne olympique a eu une saison très perturbée par des problèmes personnels. Elle a pris du retard dans son entraînement et le temps perdu se rattrappe rarement. Manaudou a beaucoup perdu en puissance par exemple. Elle est bien plus maigre que lors des Mondiaux de Melbourne, signe d'une grosse perte musculaire. Là où sa puissance de bras faisait des merveilles, elle semble désormais piocher. Mais il lui reste encore un peu de temps d'ici les Jeux pour retrouver des muscles.
- La difficulté d'enchaîner
C'est sans doute aujourd'hui sa plus grande difficulté. Auparavant, elle pouvait enchaîner les courses et montait même en régime au fil des jours. A-t-elle eu les yeux plus gros que le ventre à Dunkerque ? On peut le penser. Lundi, elle a nagé quatre courses, terminant par une finale de 400 m ! La fraicheur n'était plus là. A-t-elle encore la caisse pour enchaîner autant de courses ? Là est la vraie question. Mardi par exemple, elle devrait avoir à peine neuf minutes entre la demi du 200 m nage libre et la finale du 100 m dos. Est-ce bien raisonnable ? La raison ne commande-t-elle pas de faire des choix ? Mais lesquels ? Elle est championne olympique en titre du 400 m ! Championne du monde et recordwoman du monde du 200 m ! Vice championne du monde du 100 m dos ! Et a montré plein de promesses sur 200 dos. Manaudou est sans doute victime de sa polyvalence et de son talent. Mais à l'heure où sa forme n'est plus olympique, il faut sans doute recentrer les objectifs. Y parviendra-t-elle ? Choisir, c'est renoncer...
- Et maintenant ?
Sans être en grande forme, Manaudou s'est qualifiée pour les Jeux sur 400 m. C'est l'essentiel. Accident ou déclin, c'est à Pékin que la réponse sera donnée. La championne a souvent su retourner les pires situations. Mais elle a été très touchée par sa défaite. De sa capacité à se relancer et à être revancharde dépendra sans doute la suite de sa carrière.
milou57 : A entendre JP Escalettes, il y aurait une période de...
manstyle : Trés belle performance pour cette jeune équipe qui...
manstyle : Je pense qu'il devrait passé la main et arrêter...
lolo : honte a mr decourriere steve est un joueur d'exception...
manstyle : Qu'il en profite pour faire un lifting!!...
manstyle : Pour lui,on ne gouverne pas avec l'opinion publique.C'est...
manstyle : Pauvre petit garçon à sa maman,il n'assume même...