Fabien Gilot franchit le mur du 100 !
vendredi 25.04.2008, 05:44 - PAR SÉBASTIEN VARNIER
Fabien Gilot (à droite) vient de regrouper tous ses potes, Alain Bernard en tête, qui composerontle relais à Pékin. PHOTO JEAN-CHARLES BAYON.
Une ambiance électrique, une piscine en transe, le public dunkerquois a vécu un moment de folie, comme il n'en revivra peut-être plus. C'était tout simplement exceptionnel. La finale du 100 m nage libre a illustré à elle seule la grande santé de la natation française. Le Nordiste Fabien Gilot, deuxième de la course en 48''02, est qualifié pour les Jeux olympiques en individuel et sur le relais. Il revit pour nous ces 48 secondes d'éternité.
> Dans la chambre d'appel. - Alain Bernard a évoqué une grande tension, la plus forte de toute sa carrière. Fabien Gilot, lui, ne l'a pas vécu ainsi : « On s'est tous encouragés, c'est comme ça entre nous, il n'y a pas d'intox. On sait que ça se joue dans l'eau et pas dans la chambre d'appel. On peut me lancer des regards ou des sourires, cela ne change rien, ça ne me déstabilise pas. »
> Avant le départ. - Une ambiance de feu, une tension comme rarement on en a rencontré. La piscine est prête à exploser. « À cet instant, je ressens la tension du moment et c'est là que l'expérience joue. On sait à l'avance ce que l'on va vivre. C'est pour cela que je reste longtemps debout sur le plot. J'entends une ambiance de folie mais je me concentre sur ce que je dois faire. »
> Le premier cinquante mètres. - Alain Bernard part comme une bombe (9''18 aux 25 m), la foule hurle au temps de passage du 50 m (21''97). Fabien Gilot passe en 22''71. « Sur l'aller, je pense à me concentrer techniquement. Je sais que tout le monde va vite et qu'à la moindre erreur, je suis mort. Je me dis de rester lucide. »
> Un retour de feu. - Alain Bernard cale dans le dernier 25 mètres, il sait qu'il va gagner, l'émotion commence à l'envahir. Derrière, le Nordiste se rapproche. « Je reviens fort sur Alain, même si techniquement tout n'est pas parfait, Je l'ai beaucoup travaillé ce deuxième cinquante, je suis au début d'une transformation, je sais que je peux aller plus vite. »
> La touche et le soulagement. - Alain Bernard gagne en 47''82, Fabien Gilot est deuxième et bat son record personnel (48''02). Il se qualifie pour les Jeux. « Quand je touche, il y a cinq ou six secondes de battement, je ne vois pas grand-chose. Je sais que je suis bien remonté sur Alain mais je ne sais pas ce qu'il se passe de l'autre côté. Je touche et je me dis, voilà tu as nagé maintenant regarde. Le premier truc que je vois, c'est cinq chronos sous les 49'', je pense au relais, je me dis c'est énorme puis je vois mon temps, ma place, je me dis, ça y est, tu l'as fait. »
> L'émotion, dans l'eau et en tribune. - Les nageurs se regroupent dans l'eau et offrent une image merveilleuse, celle d'une bande de potes, d'une équipe de chercheurs d'or olympique. En tribune, les parents de Fabien lâchent quelques larmes. « L'image de la fin, c'est la plus forte. Ce relais, on l'aime. » Le papa, Michel, trésorier du club de water polo de Denain, est ému : « Il travaille si dur, c'est énorme, c'est le plus beau jour de ma vie, quel stress, quelle émotion. » En effet, on s'en souviendra !










