Les têtes d'affiche

Alain Bernard : « Rien n'est acquis »

lundi 14.04.2008, 18:45
Alain Bernard : « Rien n'est acquis » Alain Bernard sait qu'il n'a pas encore gagné sa place. Photo Jean-Charles BAYON

Nouvelle star de la natation française depuis ses exploits européens dans le bassin d'Eindhoven, fin mars, où il s'est adjugé une double couronne sur 50m et 100 mètres nage libre, avec des records du monde à la clef (1), Alain Bernard sera très attendu à Dunkerque.


Mais si l'Antibois a fait le plein de confiance aux Pays-Bas, il n'arrivera pourtant pas dans le Nord en terrain conquis: « Je sais que rien n'est acquis, affirme-t-il. Je suis double champion d'Europe, j'ai battu des records du monde, mais je ne suis toujours pas qualifié pour autant. Je ne me suis pas trompé d'objectif et je n'ai pas oublié que Dunkerque restait le rendez-vous majeur. »
Loin de vouloir profiter de sa nouvelle notoriété, Alain Bernard ne souhaite aucun traitement de faveur: « C'est là que se jouera la sélection pour les Jeux. Pas besoin de passe droit, assure-t-il. De toute façon, si je ne me qualifie pas à Dunkerque, c'est que je n'ai pas ma place aux Jeux. »


Un discours plein de sagesse, approuvé par son entraîneur Denis Auguin: « Pour la confiance, c'est très bien ce qu'il a fait, mais il ne faut pas se tromper, la qualification pour les Jeux se fera à Dunkerque, elle ne se jouait pas à Eindhoven, confirme-t-il. L'idée lors des ces championnats d'Europe était de voir les ajustements à réaliser pour les "France" ».
Plus que l'apport de la combinaison Speedo, c'est le travail effectué depuis maintenant plus de sept ans avec Denis Auguin qui porte ses fruits. « Elle peut faire gagner quelques centièmes, il y a des bonnes conditions de glisse, mais s'il n'y a pas de travail derrière, ça ne sert à rien car ce n'est pas la combinaison qui va te faire nager vite », précise le champion.
Reste à savoir comment l'homme va gérer sa nouvelle notoriété, son statut de candidat sérieux au titre olympique: « Devenir champion olympique n'était pas un rêve d'enfant, ça n'est venu qu'il y a un an ou deux. Si j'avais dit ça il y a quatre ans, ça aurait été démesuré », admet-il. « C'est motivant que les gens le voient comme un champion olympique, mais ça lui créée aussi plus d'obligations, avoue Denis Auguin. De mon côté, j'adapte mon degré d'exigences à l'entraînement à son niveau de performances. Plus il progresse, plus j'élève ce niveau. Avoir un médaillé potentiel, je le vois plus comme une chance extraordinaire que comme une pression supplémentaire. Si je n'avais pas rencontré ce gars-là, il y a des tas de choses que je n'aurais pas vécues. »
Et l'entraîneur d'insister sur les qualités de son poulain: « C'est quelqu'un qui travaille dur, qui est très régulier et qui comprend ce qu'il fait à l'entraînement, poursuit-il. D'ailleurs, s'il ne comprend pas, il se braque. » « J'ai du mal à assimiler les choses, c'est l'une de mes faiblesses, reconnaît Alain Bernard. Mais lorsque c'est fait, je le reproduis très bien, c'est l'une de mes grandes forces ». Rééditer les courses d'Eindhoven suffirait déjà amplement pour décrocher le sésame pour Pékin.

(1) l'Australien Eamon Sullivan l'a, depuis, dépossédé du record du monde du 50m nage libre en 21''28.

David DELPORTE

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