Une semaine après avoir baissé pavillon à Toulouse malgré un match honnête, les Sang et Or ont tout fait pour battre le PSG, ce qu'ils ont failli réussir, à quelques secondes près.
PAR STEPHANE CARPENTIER vds@lavoixdunord.fr PHOTO DELPHINE PINEAU Décidément, ça ne rigole pas trop pour les Sang et Or ces derniers temps. Comme si cette équipe payait l'insolente réussite qui avait accompagné ces succès face à Brest en Coupe de France puis face à Monaco (3-0) en championnat trois jours plus tard. Depuis ces deux soirs d'euphorie à Bollaert, le Racing n'a pas perdu en qualité de jeu, mais il ne gagne plus. Du coup, même si son avance sur la zone rouge devrait lui permettre de vivre une fin de saison plutôt tranquille dans son optique de maintien, il a raté l'occasion de venir titiller la première partie du classement. La quinzième place est aujourd'hui bien peu flatteuse pour une équipe qui ne dépareillerait pas si elle était nichée au milieu du peloton.
Car le RC Lens a offert contre Paris un visage sésuisant. Dans le contexte sulfureux qui entourait ce rendez-vous, il a très bien dirigé la manoeuvre et avait fait le plus difficile en ouvrant le score au bout d'une grosse heure de jeu grâce à une frappe du gauche de Sébastien Roudet. Ce but ne venait pas seulement récompenser l'abnégation, valeur essentielle du Racing cette saison, mais aussi une réelle propension à se jeter vers l'avant et à jouer en mouvement. « Il faut garder ce contenu car c'est en jouant comme ça qu'on arrivera à prendre des points, même si nous n'en avons pris qu'un seul cette fois », analyse Jean-Guy Wallemme. Le coach lensois, qui répète régulièrement qu'il n'est pas un homme de certitudes, peut néanmoins s'appuyer sur une donnée sûre, celle que son équipe est vraiment capable de faire courir le ballon, ce qu'elle n'avait pas forcément prouvé l'an dernier en Ligue 2 et même pendant les premiers mois de cette présente saison.
Une égalisation dure à avaler mais pas injuste
Les motifs d'espérer une fin de saison honorable sont donc réels du côté de Bollaert. Il faudra toutefois que le Racing améliore son ratio entre nombre d'occasions et buts marqués. Comme contre Toulouse le samedi précédent, les Sang et Or ont à nouveau raté le coche sur ce plan-là. Au rayon des points à améliorer, on retiendra aussi le manque cruel de jeu de tête de la part des attaquants, mais aussi une tendance à faire le contrôle ou la passe de trop à l'approche du but adverse. Du coup, même bousculé pendant la première demi-heure, puis mené au bout d'une heure, le PSG est toujours resté dans le coup. Ajoutez-y une fin de match subie plutôt que gérée et le Racing a finalement été puni de la même manière que lorsque Rami avait égalisé pour Lille tout au bout du temps additionnel lors du derby. On pourra dire ou écrire ce qu'on voudra, l'égalisation parisienne de la 94e minute a beau être dure à avaler, elle n'est absolument pas injuste.
« Le jeu est intéressant quand il y a l'efficacité, et c'est valable aussi derrière, ce qu'on n'a pas su faire », déplore Jean-Guy Wallemme qui constate que son équipe paye très cher ses erreurs en ce moment. Mais c'est aussi le prix pour apprendre et réciter une leçon parfaite, à commencer dès samedi prochain à Lorient, une équipe qui aime jouer. Ça tombe bien, Lens aussi.