Pour les Lillois, c'est tout bénéfice
lundi 13.09.2010, 05:14 - La Voix des Sports
Les joueurs lillois face à leur kop, samedi soir à Bollaert: on ne passe pas quatre buts tous les ans à son adversaire dans le derby, qui plus est à l'extérieur.
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À onze contre neuf, les Lillois se sont nettement imposés. Une base de lancement idéale. Pour autant, ils n'ont pas survolé les débats.
PAR PIERRE DIÉVAL vds@lavoixdunord.fr PHOTOS STÉPHANE MORTAGNE ET CHRISTOPHE LEFEBVRE On a connu des vainqueurs de derbys plus gais, plus épanouis. En l'occurrence, les Lillois - Rudi Garcia en tête - se sont contentés d'analyser sobrement les événements, éminemment favorables pour eux, de façon très professionnelle, très lucide ; de synthétiser l'essentiel, à savoir leur capacité, dans un match compliqué et même pris souvent de convulsions - dont ils n'étaient d'ailleurs pas forcément à l'origine - à trouver finalement des solutions dans le jeu pour prendre de la hauteur et signer leur premier succès de la saison. La nature inédite du contexte, et plus spécialement les conséquences directes que les deux expulsions successives des Lensois Roudet et Jemaa avaient engendré sur l'évolution du match, les incitaient sans doute à ne point trop en faire et plutôt à jouer la carte de l'humilité sincère. Car il est évident que des décisions, fondées ou pas, de M. Chapron, naquit un net déséquilibre dont ils profitèrent pleinement alors que leurs investigations antérieures n'avaient pas traduit une vraie supériorité technique et tactique de leur part.
Pour être franc, ce LOSC-là - volontaire, tenace mais incertain dans la continuité - ne délivra vraiment jamais le sentiment de dominer son sujet. C'est tout le paradoxe d'un derby, un rien frustrant finalement bien qu'il ait débouché sur une flopée de buts et, concernant les Lillois, sur une issue éminemment positive dont on peut imaginer qu'elle va réellement lancer leur saison. « Ça fait partie des péripéties d'un match. Et puis, parfois, les équipes diminuées sont plutôt mieux dans le jeu », commenta Rudi Garcia. « À un moment, je me suis même demandé si Lens n'allait pas réussir à tenir le choc. Mon regret, c'est qu'à onze contre neuf et alors que nous menions 1-0, l'équipe soit sortie du match et que l'on ait subi l'égalisation. » La confession a valeur de symbole. Les chiffres, flatteurs pour les uns, brutaux pour les autres, ne sauraient masquer la lourde évidence de cette rupture d'équilibre dont le Racing souffrit sur la fin, de cette vulnérabilité programmée qui pour ne pas s'être manifestée tout de suite puisque, à neuf contre onze, les Lensois réussirent à gommer leur handicap initial, n'en fut que plus inéluctable et plus rude ensuite. En tout cas, voilà un 4-1 qui laisse l'observateur perplexe, seul face à ses interrogations, et qui ne vaut d'ailleurs que pour l'unique bénéfice moral qu'il va apporter à un LOSC engagé sur de multiples fronts. Les Lensois, eux, vont devoir se battre pour digérer leur déception. Mais ils savaient que pour eux, la saison serait encore un dur combat ... t
























