Thorgan Hazard sait que pour lui, le chemin est encore long
jeudi 16.02.2012, 05:36 - PAR PIERRE DIÉVAL
Couvé par Jean-Louis Garcia, Thorgan, le petit frère d'Eden Hazard, n'entend pas brûler les étapes. - PHOTO DELPHINE PINEAU
| LENS |
Eden Hazard est un phare. Thorgan, son petit frère, ne distille pour sa part que quelques lueurs. Au Racing, il apprend le métier, humblement, forcément loin de son aîné. Mais son objectif est bien sûr de grandir pour être fort, lui aussi.
C'est le petit. Enfin, pas le plus petit puisque derrière lui, il y a encore Kylian, 15 ans, le dernier de la fratrie, ultime maillon d'une chaîne de footballeurs élevés dans le football et pour le football. Pour la première fois de sa jeune vie lensoise, Thorgan Hazard est apparu récemment devant la presse. Visage mutin, sourire d'ange, le cadet d'Eden (de deux ans) n'a pas cillé au moment de se plier à l'immuable jeu des questions - réponses. Après une demi-heure d'échanges, l'espoir lensois s'est même fendu d'une réflexion pleine d'humour : « C'est bon, je n'ai pas dit de conneries ? » Effet garanti, évidemment.
« Aucune comparaison possible »
Si le Racing ne lui pas encore offert un premier rôle, Thorgan Hazard ne se formalise pas pour autant. Il sait que son apprentissage est loin d'être terminé et que de sa capacité à bien digérer cette phase essentielle qui consiste à jouer des bouts de matchs, et à savoir se rendre utile d'une façon ou d'une autre, dépend pour une large part son installation ultérieure dans le paysage lensois. À une interrogation relative à un éventuel départ pour raisons économiques, le numéro deux de la famille lâcha ceci : « Je n'ai encore rien prouvé, donc je ne me vois pas parler de départ. Je suis ici, j'ai envie d'exploser à Lens. Il me faut d'abord enchaîner. » Réaliste, carré et ferme.
En tout cas, Thorgan Hazard avan- ce tranquillement à Lens, même s'il ne joue pas encore de façon régulière (242 minutes de jeu enchaînées, sept apparitions dont deux fois en tant que titulaire). À 18 ans, le milieu offensif excentré - sûrement son meilleur positionnement, selon les cadres techniques qui le suivent - n'entend pas, de toute façon, brûler les étapes. Il a la sagesse de savoir attendre, de regarder aussi. Pas simple quand on s'appelle Hazard... « Ça, ce n'est pas un problème, affirme-t-il, péremptoire. Vous savez, cette image me colle déjà depuis quelques années. Ça ne me dérange pas. À moi de faire abstraction des allusions à mon frère. Que l'on évoque souvent sa trajectoire, ses qualités de footballeurs, c'est normal au fond. L'essentiel est qu'un jour l'on parle aussi de moi ! Il est clair cependant qu'on attend beaucoup de Thorgan, le frère d'Eden. » Quant à savoir si lui, le petit, est encore plus fort que le grand, il a une formule passe-partout aussi redoutable que les enchaînements de dribbles que son aîné lillois dispense quand la divine inspiration est au rendez-vous : « Ça, c'est mon frère qui vous l'a dit ! Je ne sais pas si c'est un cadeau. En tout cas, au vu de ses prestations et des miennes, il n'y a aucune comparaison possible ! » Mais alors que lui manque-t-il ? « De la régularité et de l'efficacité. Il faudrait que je marque déjà un but et que je fasse des passes décisives ! » Le défi ne lui fait pas peur. Il l'a dit : il a envie de jouer, envie de prouver à Lens. Et le fait que Jean-Louis Garcia ait refoulé toute idée de départ anticipé, fût-ce au motif que Lens a besoin d'argent, le conforte dans sa froide résolution : « J'ai apprécié sa confiance. Il compte sur moi, c'est clair. »




















