Akpomedah : le cadeau d'anniversaire et l'erreur qui changent une vie
mardi 31.01.2012, 05:38 - La Voix des Sports
«Je prends tout positivement. Ce qui m'arrive, je n'étais pas censé le faire», confie l'intérieur gravelinois.
| BASKET-BALL EUROCOUPE : RIGA - BCM (troisième jou |
Cyril Akpomedah et le BCM sont au pied du mur, ce soir, à Riga (lire ci-dessous). Le capitaine nordiste, qui symbolise, avec Yannick Bokolo et Christian Monschau, le renouveau du club gravelinois depuis trois ans, se raconte. Histoire d'un destin.
À RIGA, PAR FRÉDÉRIC SOURICE
dunkerque@lavoixdunord.fr PHOTO ARCHIVES JEAN-CHARLES BAYON
On ne la fait pas à Cyril Akpomedah (32 ans). Hier, il n'a pas traîné dans le bus, à Roissy. « Je dois être le premier ou dans les premiers à enregistrer pour avoir une place dans l'avion à côté de la sortie de secours. Les gars dorment dans le bus. Moi, je sais quand on arrive... À force, c'est devenu un mini challenge avec Juby (Johnson). » L'intérieur a bien eu la place exit et le surcroît d'espace qu'il offre pour déplier les jambes.
Cyril Akpomedah, sous les maillots de Cholet, Charleroi, Siroki (Bosnie) et du BCM, a quasiment joué dans tous les pays d'Europe. « J'ai du mal à croire ceux qui disent qu'on peut s'en lasser, même en fin de carrière. Il y a de petites galères, des fois, mais il y a la vie de l'équipe surtout. On gagne ensemble, on profite ensemble. On perd aussi. On garde ces trucs pour toujours. À la fin des deux mois d'été, j'ai hâte que ça reprenne. Pourtant, je sais que je vais morfler... », sourit-il.
« Il y a eu des déplacements cultes. Quand on a été bloqués une nuit à l'aéroport de Moscou, par - 30 °C, avec Cholet. Celui avec Charleroi, où c'est l'équipe adverse qui fournissait l'hôtel. Elle nous avait choisi un hôtel de passes. La déco était incroyable... On a changé. Je me souviens aussi d'une défaite en Angleterre après trois prolongations. Un gars en face met 49 points, réussit le match de sa vie et se fait les (ligaments)croisés, à la fin. Derrière, on avait arrosé l'anniversaire de Claude (Marquis). On avait dit au coach de ne pas s'inquiéter. Le samedi, on en prenait 30... » En visitant ses souvenirs, l'intérieur mesure sa chance. Hier, il n'aurait pas dû débarquer à Riga dans la peau d'un basketteur. Il y a moins de vingt ans, un recruteur de Cholet vint chercher William Soliman, à Épinay-sur-Seine. « Il s'est trompé d'immeuble... » Un essai à Cholet. Le début d'une aventure, à 15 ans, alors qu'Akpomedah ne jouait que sur le bitume. Pas même en club. Il avait commencé par le tennis. Il était doué. « Si j'ai arrêté, c'est que c'était trop cher. J'avais aussi un frère, quatre soeurs... À mon anniversaire, ma mère m'a offert un ballon de basket. C'était l'époque Jordan. »
Encore quelques années en Pro A
C'était lancé. « Je vais avouer que c'était pas super bien parti pour moi. Mais même s'il n'y avait pas eu le basket, j'avais cet objectif de réussir dans quelque chose. » Il savoure. « Je prends tout positivement. Ce qui m'arrive, je n'étais pas censé le faire.
J'ai découvert plein de cultures, plein d'endroits, de gens grâce au basket. Des villes comme Saint-Pétersbourg, Split. C'est le basket qui a fait l'opportunité. » « Akpo » se voit encore quelques années en Pro A. « Plus que les gens ne l'imaginent », sourit-il. Ensuite, il retrouvera son frère, aux États-Unis, où ils codétiennent déjà des salles de fitness. « Je couperai. Je voudrais vivre une autre aventure, voyager aussi.
» Jamais loin de la sortie de secours...

























