Maître de son jeu, le BCM peut parier sur un doublé
dimanche 19.02.2012, 05:36 - À ROANNE, PAR SANDRINE ARRESTIER
Ludovic Vaty et les Gravelinois ont étouffé LeMans. Et maintenant, place à Chalon ! PHOTO LE PROGRES
| BASKET-BALLSEMAINE DES AS (demi-finales) |
Exemplaires de rigueur défensive, les Gravelinois n'ont laissé aucune chance au Mans. Ils disputeront ce soir leur troisième finale des As, la deuxième consécutive avec l'ambition de défendre leur titre. Ce qui serait inédit. Il faudra battre Chalon, qui a tordu Nancy. Comme l'an dernier...
Une longue souffrance. Le BCM a un petit côté sadique cette saison. Il prend un malin plaisir à torturer ses adversaires, jubile quand il les prive de jeu. Hier, la demi-finale a dû paraître très longue au Mans, attaque désarticulée, en déshérence comme jamais cette saison. Aussi intraitable qu'affamé, Gravelines-Dunkerque n'a accordé que 56 points et un minuscule 31 % d'adresse à la meilleure attaque du championnat, celle-là même qui l'avait battue, samedi dernier, dans la Sarthe en prolongation et qui inscrit habituellement près de 84 points par match.
« Tous motivés »
Entre-temps, le BCM avait eu le temps de bosser, journée de la veille consacrée à corriger ses erreurs. « On s'est donné les moyens pour que ça soit facile, explique Andrew Albicy. On a défendu très dur. Quand on est en place comme ça, on peut massacrer tout le monde. » On verra ce soir si, dans un remake de la finale de l'an dernier (79-71), l'autre leader de Pro A, Chalon, tombe aussi dans le piège de l'intensité et des rotations du BCM, qui n'a pas cette fois, une journée pleine devant lui pour poser sa stratégie.
Avec dix joueurs qui se relayent incessamment, dont pas un à plus de 26 minutes de jeu, le rythme n'a jamais fléchi. Un match plein, dans la lignée de ce que les Gravelinois avaient fait deux jours plus tôt en deuxième période de leur quart de finale contre Roanne. Vite enquiquiné par les fautes (3 au début de la seconde période), Yannick Bokolo n'a, du coup, pas eu besoin de se prendre la tête. Il a eu le luxe de faire du jus sur le banc, avec seulement 17 minutes dans les guiboles.
Car on a retrouvé le rouleau-compresseur, celui qui, avec une vraie discipline collective, emportait tout sur son passage en 2011. Taylor Rochestie, le meneur manceau, souvent brillant, n'a pas existé. Alex Acker non plus. 0/15 à eux deux, le secteur extérieur sarthois a été étouffé. C'est dans le troisième quart-temps (21-8), terminé avec 18 points d'avance (53-35), que le BCM a placardé que la finale était pour lui. Le MSB n'y mit qu'un seul panier (1/15 en dix minutes). Resté au contact jusque-là grâce à son pivot JP Batista et quelques shoots difficiles, il sombra. Car le BCM, qui ne perdait désormais plus de ballons en route, commença, lui, à rentrer ses shoots. Des courses, de l'adresse, un gros passage de Rudy Jomby et l'écart était fait, irréversible tant les Gravelinois étaient maîtres de leur jeu (28-27, 19e 46-31 27e).
« C'est une équipe vraiment dure à jouer, reconnaît l'intérieur manceau Alain Koffi. Elle est vraiment forte avec beaucoup de rotations. C'est dur de cibler un joueur parce que n'importe lequel peut marquer 20 points. » « Il n'y a rien de fait pour le moment, prévient pourtant Pape Sy. On a gagné un ticket pour la finale mais une finale, ça se gagne. On est tous très motivés ! »
BCM - LE MANS : 71-56 (13-15, 19-12, 21-8, 18-21).
Arbitrage de MM. Maestre, Mortz et Collin 5 000 spectateurs environ - BCM : Albicy 3, Bokolo 5, Jomby 13, Akpomedah 8, Vaty 8 puis Edwards 6, Sy 8, Johnson 5, Issa, Reynolds 13, Bigote, Loum 2.
- LE MANS : Rochestie 3, C. Kahudi 2, Kouguère 3, Sommerville 10, Batista 10 puis Acker 2, Bryant, H. Kahudi 8, Koffi 6, Mendy.
Et, Chalon - Nancy : 106-66.
Finale : BCM - Chalon, à 18 h 45 sur Sport+.

























