Nikola Karabatic sur la route de ses racines
jeudi 29.01.2009, 04:50 - La Voix des Sports
| HANDBALL |
Demain, la France affrontera le Danemark à Split en demi-finale du Mondial. Pour Nikola Karabatic, dont le père est né à Trogir, tout proche, c'est un retour aux origines familiales envisagé avec bonheur.
À ZAGREB PAR SANDRINE ARRESTIER
sports@lavoixdunord.fr
Jusque-là, ça ne l'a pas saisi. Nikola Karabatic était juste à l'aise dans un pays dont il parle la langue, le pays de son père, Branko, un pays où il est star. Comme en Allemagne où il joue à Kiel depuis 2005. Mais à Split, où l'équipe de France a pris ses quartiers hier après-midi, l'émotion est montée d'un cran.
Une route qui serpente le long de la côte dalmate, 30 kilomètres à peine, et voilà Trogir, où est né et a grandi Branko. Encore une petite dizaine à l'Est pour tomber sur le village de Poljica. Nikola est né à Nis en Serbie, le pays de Lala, sa mère. Mais la maison familiale se dresse là, Poljica, donc. Il n'y est plus venu depuis 2003 après le sacre de Montpellier en Ligue des champions. Il avait alors emmené Didier Dinart à la découverte de ses racines.
Son père, son idole
« Split, c'est vraiment différent, avoue le meneur de jeu des Bleus. Il y a beaucoup de gens que je connais, qui nous connaissent mon père ou moi. Je suis super heureux. Je n'y ai encore jamais joué et, quelque part, c'est chez moi aussi, On a la maison pas très loin. Mes parents, qui assisteront au match, vont y dormir. La famille va venir, mon oncle, ma cousine... » Une cinquantaine de billets leur ont été réservés.
Les souvenirs affluent sur la trace d'un père adoré, ancien grand gardien qui conseille désormais ceux de la Tunisie. « Petit, j'étais tout le temps avec lui, à rencontrer ses anciens potes ou les joueurs qui racontaient les histoires, les oreilles grandes ouvertes. Tu t'imprègnes, ce sont des moments magiques. Tout le monde ne peut pas comprendre : mon père était une star dans son sport, mon père, c'était mon idole. » Et c'est à sa source qu'il a forgé une partie de cette cuirasse en acier trempé (1,95 m, 102 kg).
« Jusqu'à ses 19 ans, on est retourné à Trogir chaque été, raconte Branko. C'est là que Nikola faisait sa préparation de Montpellier. Il nageait, courait par 35 °C. Le village de son grand-père est à 3 ou 4 km de notre maison, il montait le voir en courant, sur une pente assez raide pour partager un verre. C'est une histoire qui a aussi participé à sa construction. » Comme son éducation empreinte de l'ex-Yougoslavie. « Nikola est un gamin qui sait s'adapter à toutes les situations. Si on le met en confiance et qu'on le respecte, il donnera tout pour l'équipe. Il a ces valeurs slaves de fidélité, de fierté et d'envie qu'il met au service d'un groupe. S'il n'avait pas été handballeur professionnel mais ingénieur, ça aurait été pareil. Ça relève de l'éducation tout court : aller de l'avant tous les jours, se montrer toujours à son meilleur niveau quelles que soient les difficultés. Sur un terrain, c'est un guerrier. "Niko" apporte quelque chose de plus à une équipe.
Mais ce n'est pas une valeur ajoutée, plutôt une valeur sûre. » Dans le jeu, en revanche, Branko ne cherche pas l'âme slave. C'est l'école du hand française qui a formé son fiston. Première licence à six ans à Colmar, en Alsace, où femme et fils, âgé de quatre ans, l'avaient rejoint à Strasbourg dont il gardait les buts. Suite connue.
« J'en suis fier »
Son identité ne trouble d'ailleurs pas le meilleur joueur du monde. « J'ai grandi en France, ma culture est française, mon pays c'est la France. Mais voilà, mes racines sont ici, ce sont vraiment mes origines et je m'y sens aussi chez moi. C'est une part de moi, et j'en suis fier. » Lors des premières sélections, il n'a pas douté : « J'ai toujours regardé et soutenu à l'époque l'ex-Yougoslavie puis la Croatie et la Serbie, et pas que dans le hand. Ce qui m'a vraiment fait vibrer, c'est l'équipe de France, c'est pour ça que dans ma tête plus tard, c'était jouer pour la France. » Avec laquelle il rêve d'un titre de champion du monde, le seul qui lui manque.















VIDEO - Jean-Claude Moussé sur l'Enduropale 2012 ...
VIDEO - Julien Lieber : « Tout a été parfait » - Enduropale du ...
VIDEO - Jérémie Warnia : « J'aurais encore pu rouler une ...

