Erwan Siakam, le talent, maintenant !
dimanche 12.02.2012, 05:37 - La Voix des Sports
Siakam et l'USDK ont un coup à jouer face à une valeur sûre du hand danois (sixième de son championnat). PHOTO JEAN-CHARLES BAYON
| HANDBALL COUPE EHF (huitième de finale aller) |
Il n'a pas reconnu le Bechs hôtel à Skjern. La quiétude sans nom de cette petite ville de l'ouest du Danemark, peuplée
de 8 000 âmes qui semblent invisibles un samedi après-midi. Cinq ans plus tard, l'USDK a repris ses quartiers au même endroit, avant de retrouver sur sa route les Danois de Skjern, qui les avaient privés de demi-finale européenne. Erwan Siakam était déjà là, en 2007. Il n'avait pas 20 ans encore.
Diamant brut, potentiel considérable. Il attend toujours de véritablement éclore, même si par bribes, comme mercredi à Saint-Raphaël, quelques fulgurances rappellent son talent. Comme l'homme qui tombe à pic, il a surgi à la dernière seconde, après un match déjà solide, pour crucifier les Varois et porter à neuf victoires la série d'invincibilité de l'USDK, en D1.
Coup de pression
Erwan Siakam sait terminer des matchs, lui qui avait été très précieux, au printemps, dans le money time, en finale de la Coupe de France. Pourtant, il a lancé cette saison escorté par la difficulté, le manque de réussite. Les blessures sur la base arrière de Sébastien Bosquet et Bastien Lamon l'ont précipité titulaire, avant la reprise du championnat. « J'avais une chance à saisir, je ne l'ai pas saisie », résume-t-il.
Celui qui possède des qualités athlétiques rares, qui a été freiné par une rupture des ligaments croisés en 2009, a pris un coup de pression. Un vrai.
Qu'importe qu'il lui reste deux ans et demi de contrat, il a compris qu'il devait faire mieux et plus s'il ne voulait pas se retrouver dans la situation d'un Thomas Drange, dont le contrat a été résilié un an avant son terme, lors de la dernière intersaison.
« J'ai eu des discussions avec mes dirigeants, avec mon agent, ça aurait pu m'enterrer, ça m'a fait plus de bien qu'autre chose. Avant, je me mettais de la pression tout seul. Là, elle vient d'ailleurs », explique-t-il, comme une illustration à l'exigence de performance plus forte, désormais, à l'USDK. « Je suis utilisé un peu dans un rôle de joker de luxe. Joker, c'est bien, mais le but, ce n'est pas ça. Aujourd'hui, il y a eu une prise de conscience. J'ai envie de progresser à chaque entraînement. J'y montre plus de choses. Je ne suis pas sûr de le faire en match. Je dois continuer avec cet état d'esprit. » Derrière le talentueux Kornel Nagy, Erwan Siakam est en quête. « Il faut que je m'épanouisse au maximum. » Pour ne rien regretter. Les années passent vite.
À SKJERN, FRÉDÉRIC SOURICE
SKJERN (DANEMARK) - DUNKERQUE, cet après-midi (16 h 30).
Seul Pierre Soudry (reprise en N1) fait défaut à l'USDK.

























