Renaud Lavillenie : « La perche, je l'ai dans le sang, j'ai le gène en moi »
mardi 14.02.2012, 05:34 - La Voix des Sports
Renaud Lavillenie a déjà retrouvé toutes ses sensations et espère s'envoler haut ce soir à Liévin.
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Opéré de la main en fin d'année, le Clermontois, médaillé de bronze mondial, a parfaitement réussi sa rentrée samedi à Donetsk en franchissant 5,82 m. Il tentera de confirmer, ce soir à Liévin, dans un concours de perche plutôt relevé. PAR DAVID DELPORTE
sports@lavoixdunord.fr PHOTO STÉPHANE MORTAGNE
> Un retour fracassant. Au repos forcé pour la première fois de sa carrière, à cause de cette fracture de la main, Renaud Lavillenie était parti à Donetsk un peu dans l'inconnu quant à sa capacité à sauter très haut dès sa compétition de rentrée. Il s'est vite rassuré en s'imposant avec une barre à 5,82 m, soit la deuxième performance mondiale de l'année : « Ma reprise à l'entraînement avait été satisfaisante, je savais que j'étais capable de revenir assez vite à la compétition, donc je m'attendais à tout et cette bonne performance n'a donc pas été spécialement une surprise. Mais c'est vrai que c'est une grande satisfaction de pouvoir retrouver aussi vite mon meilleur niveau. Ça fait forcément du bien au moral et revenir à Donetsk, je ne pouvais pas rêver mieux. » > Du temps perdu ? Cette coupure de sept semaines a-t-elle handicapé le Clermontois dans sa préparation ? « Pas spécialement. Je ne suis pas le genre d'athlètes qui perd tout d'un coup. La perche, je l'ai dans le sang, j'ai le gène en moi. Ma seule question c'était de savoir si j'allais être capable de reprendre tout de suite un travail précis que j'avais entamé sur le plan technique avant mon accident, ou s'il me faudrait un temps d'adaptation, mais tout se passe très bien. » > Changement de levier retardé. Dans un souci de repousser toujours un peu plus loin ses limites, Renaud Lavillenie avait envisagé de passer d'un levier de 5,10 m à 5,20 m. Un changement qu'il devrait reporter à 2013. « Je me sentais capable de prendre plus de levier. Vu les conditions climatiques, ce n'était pas possible l'été dernier. La saison en salle me semblait être le moment idéal mais avec cette blessure, ça va peut-être retarder l'essai, on verra bien mais en année olympique, il vaut mieux que je reste dans un maximum de choses que je maîtrise.
» > Les problèmes de Hooker. L'Australien Steeve Hooker, qui fut longtemps le grand rival du Français, affirme avoir perdu tous ses repères. Info ou intox ? « Je sais que c'est possible, j'ai vécu ça avec Alain Andji quand j'ai commencé en 1998. à l'entraînement, il faisait de super séances à Clermont. En compétition, tout allait bien jusqu'à 5,50 m mais, au-delà, plus rien, il avait une sorte de blocage psychologique , se souvient-il. Cela dit, je pense qu'il suffit de peu de chose, un petit déclic pour que ça reparte. Et il peut donc très bien revenir au top pour les JO. » > L'opposition à Liévin. Même s'il regrette les forfaits de dernière minute du Polonais Wojciechowski, du Cubain Borges et de l'Allemand Mohr, le Français ne cache pas son plaisir de fouler le sautoir liévinois. « Quand j'avais vu les noms annoncés il y a quelques semaines, je m'étais dit que ça n'allait pas être une partie de plaisir. Là, je suis un peu déçu que certains ne soient plus présents mais ça reste un concours de très bon niveau. La valeur de l'opposition ne changera rien à ce que je veux faire, aux sauts que je souhaite valider pour faire le plein de confiance. J'ai déjà prouvé que je pouvais aller haut avec ou sans concurrence. Après, pour préparer un grand championnat, c'est quand même mieux d'avoir de l'opposition. L'an passé, je n'ai jamais été inquiété en meeting, je n'ai jamais dû m'employer pour aller au-delà des 5,80 m et j'ai donc été surpris d'avoir de la concurrence à ce niveau-là aux Mondiaux de Daegu. Je n'étais pas préparé à ça. »

























