Le destin de Timoteï Potisek bascule en pleine ascension
dimanche 08.11.2009, 05:03 - La Voix des Sports
| MOTOCROSS DRAME |
Timoteï Potisek était toujours dans un état préoccupant, hier, à l'hôpital de Lille. Le pilote s'est fait opérer des cervicales, quelques heures après sa chute à l'entraînement. Les prochaines heures et les jours à venir renseigneront sur ses chances de vie. Et dans quelles conditions. Le destin est cruel pour Timoteï Potisek, accidenté à 25 ans, alors que son règne ne faisait que commencer.
PAR FRÉDÉRIC SOURICE
sports@lavoixdunord.fr PHOTO GUY DRLLET
Le monde du sport régional s'est réveillé hébété, encore incrédule. Du pilote du dimanche à Arnaud Demeester, l'information a remué les tripes, habité les pensées. « Je me disais : "Pas lui. C'est pas possible." J'ai pris mon courage à deux mains pour appeler Rudy.
J'ai pleuré avec lui. Il n'y avait rien d'autre à faire », raconte « Sandman ».
Tout pour lui
La carrière de Timoteï Potisek a basculé vendredi, à la réception d'un banal saut sur son terrain de jeu de Loon-Plage. Le Dunkerquois se bat désormais pour la vie. « Il y a eu une intervention sur la cervicale 2, qui était fracturée et déplacée. Il y a une contusion à la moelle. Le verdict définitif se fera lundi. Il est toujours sous assistance respiratoire », indiquait Sergeï Potisek, son frère.
Le destin a frappé le double vainqueur de l'Enduropale au moment où les éléments convergeaient pour asseoir sa domination dans des proportions gigantesques.
Il venait de débuter une aventure en signant chez Yamaha, pendant que son rival de toujours, Arnaud Demeester, stoppait son incomparable carrière. Il avait l'étoffe du successeur. Un surcroît d'expérience, même s'il s'engageait avec fougue.
Cet été, il s'était marié avec Aurélie. Le couple retapait une maison dans la campagne dunkerquoise. Timoteï Potisek, homme à dire tout haut ce qu'il pense, quitte à déranger, avait tout pour lui. Le Dunkerquois est un garçon attachant, entouré d'une famille viscéralement attachée au motocross, malgré les coups durs. Rudy, le papa, avait été blessé à la main, à Bercy, dans les années 80.
Avec son épouse, Marie-Annick, il suivait avec intensité les courses des trois fils. Avec angoisse aussi, car on se demande toujours dans quelle mesure un pilote emporté par son esprit de conquête ne frôle la démesure. Les parkas rouges Honda portés par les parents, les compagnes des fils Potisek, souvent préposées au panneautage au bord du circuit, relevaient de l'étendard. La famille vivait intensément cette passion, en mesurant les risques. « Je dis toujours que c'est un sport de boxeur », nous confiait Rudy, pour souligner l'exigence de la condition de pilote professionnel et le fait que son fils choisisse le meilleur contrat, proposé chez Yamaha. Un mauvais coup peut suffire. On en reste sans voix.














