Le drame injuste d'une famille en or
mercredi 11.11.2009, 05:03 - La Voix des Sports
Chez les Potisek, la passion pour la moto n'a d'égale que la gentillesse
à l'égard de ceux ou celles qui ont eu un jour la chance de les rencontrer.
Sur tous les terrains de motocross, le stand « Potisek » fait partie du décor. C'est l'endroit incontournable où l'on vit la course et d'où l'on ne repart jamais sans avoir partagé un café, un sandwich et quelques parties de rigolade. Lorsqu'au début de la décennie les trois fistons de la famille, les jumeaux Timoteï et Mateï, ainsi que Sergeï, leur aîné de deux ans, se mirent à gagner des courses, le grand public découvrit de plus près cette famille en or, aux ascendances slaves et aux résonances chaleureuses tellement nordistes.
Trois frères élevésà bonne école
À partir de 2003, Timoteï, qui s'imposait de plus en plus comme un potentiel vainqueur de l'Enduro du Touquet, passa à la vitesse supérieure. Tandis que ses frères se concentraient sur leurs études, en chirurgie dentaire pour Mateï et en école d'optique pour Sergeï, Tim, une fois son bac S en poche, ne se voyait pas repartir sur les bancs de l'école.
Plus intéressé par la mécanique pour donner un coup de main dans la concession Honda de son père, il cultivait son but ultime, devenir pilote professionnel.
Dans un milieu, les courses sur sables, où seuls deux ou trois pilotes peuvent décemment vivre de leur sport, le pari était risqué. Mais que cela soit Timoteï ou ses frères, tous ont été élevés à bonne école. Épaulés par leur père, Rudy, lui-même ancien pilote qui se classa deux fois deuxième au Touquet au début des années 80, et cadrés par leur mère, Marie-Annick, les trois frères avaient les clés pour mener à bien leur projet.
Alors que Mateï est aujourd'hui chirurgien-dentiste et Sergeï opticien, Timoteï venait signer un contrat de deux ans chez Yamaha. Ce changement d'écurie fut une décision difficile à prendre pour Tim, qui, en aucun cas, n'aurait voulu qu'elle soit assimilée comme une trahison à son père, pour qui ce fut évidemment un crève-coeur de voir le fiston passer du « rouge » de Honda au « bleu » de Yamaha. Mais comme il nous l'expliquait dernièrement, « c'est normal que Tim aille au plus offrant, il doit gagner sa vie ».
Au sommet de son art
Gagner sa vie, justement, c'était aussi prendre des risques. Plusieurs fois, les frères Potisek rentrèrent chez eux avec quelques fractures et une bonne frayeur. Mais Timoteï, dont on soulignait trop souvent le tempérament fougueux à ses débuts, était devenu un pilote au sommet de son art et il savait minimiser les risques. Il volait presque et s'apprêtait à surfer de plus belle sur cette vie qu'il avait su rendre passionnante et passionnée.
En juin, il s'était marié avec Aurélie, « la copine » depuis toujours, à qui il devait beaucoup aussi. Tous les deux, ils retapaient une maison dans la campagne flamande. Épanoui, Timoteï Potisek était incontestablement à l'aube d'une grande carrière sportive. On ne saura malheureusement jamais où ses exploits l'auraient un jour mené. On sait simplement que ce matin une famille en or a un moral de plomb.
ST. C.
PHOTO CHRISTOPHE LEFEBVRE
























