Le grand frisson annoncé de l'Enduropale des neiges
dimanche 05.02.2012, 05:35 - PAR STÉPHANE CARPENTIER
PHOTO ARCHIVES PATRICK JAMES
| MOTOCROSS ENDUROPALE DU TOUQUET NORD - PAS-DE-CAL |
De mémoire de pilotes et de spectateurs, rarement l'Enduropale du Touquet n'aura autant grelotté. Alors que la neige était à nouveau attendue cette nuit sur la Côte d'Opale, les mille motards au départ tout à l'heure devront aussi défier une piste sur laquelle le sable est devenu dur comme du béton. De quoi donner le frisson !
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Tous les spécialistes le répètent, « un Touquet, ce n'est jamais pareil deux fois ». Eh bien ils seront servis, tout à l'heure, sur le coup des 13 heures, lorsque la grille de départ laissera s'échapper plus de mille pilotes affamés de sensations fortes.
Pourtant rendez-vous régulier de l'hiver touquettois, jamais encore l'Enduropale n'avait dû affronter de tels frimas. Et si elle n'a pas refroidi l'ardeur et l'ambition des principaux favoris, la dégringolade du thermomètre va profondément modifier leur marge de manoeuvre. Car quand le sable fin se transforme en béton armé, on ne bâtit plus sa course de la même façon. « Ça va même tout changer. Ça va être l'enfer et c'est une vraie catastrophe pour ceux qui se préparent pour l'épreuve depuis plusieurs mois », prévient carrément Sergeï Potisek, dont l'objectif est de faire une place dans les dix premiers. « Sur un tel terrain, on ne prendra aucun plaisir à piloter. Moi, en tout cas, je ne m'amuserai pas à prendre des risques pour gagner une ou deux places au classement », ajoute le pilote dunkerquois.
Mais pour ceux qui n'ont que la victoire en tête, la donne n'est évidemment pas tout à fait la même. Comme on dit dans le jargon du monde de la moto, il va falloir « envoyer », et tant pis pour les sueurs froides. Grand favori, le Touquettois Jean-Claude Moussé n'est d'ailleurs pas dû genre à paniquer. « Je ne suis pas inquiet par rapport aux conditions de course, elles sont les mêmes pour tous. En revanche, elles peuvent avoir une incidence sur le classement. Au début, on roulera sur une surface dure mais j'espère qu'au bout de quelques tours ça ressemblera à du sable », analyse Moussé, dont la Yamaha sera repérable à son dossard n° 1. L'évolution du terrain devrait en effet être une donnée essentielle, notamment sur le choix des pneumatiques. Ceux qui pensent que la piste restera bétonneuse opteront pour des pneus classiques de motocross, les autres garderont les modèles spécifiques au sable.
Mais dans ces drôles de conditions, c'est aussi le mental qui pourrait faire la différence. « Quand on constate comment c'est gelé en profondeur, ça fait forcément un peu peur, avoue Yves Deudon. Il faudra être très vigilant mais si, comme dans mon cas, on vise la victoire, on est obligé de prendre des risques. Cela ne sera pas une partie de plaisir et je pense que la clé sera la gestion du stress. Celui qui est stressé finira par terre plus vite que les autres. » Très décontracté hier avant de passer sa machine aux vérifications techniques, le pilote maubeugeois, déclassé de la première place en 2010, a peut-être la recette mais pas encore son principal équipier chez Kawasaki, Damien Prévot, qui vise lui aussi la gagne. « Vu comment ça s'annonce, vivement que les trois heures de courses soient passées », lâche le jeune pilote rémois. Le Dunkerquois Rudy Vergriete, quatrième en 2009, résume lui aussi sa course rêvée : « Finir dans les dix... et arriver entier ! » Finir ou gagner, c'est tout ce qu'on leur souhaite, à tous les simples poireaux, les pilotes confirmés ou les champions en puissance, pour une course qui s'annonce épique et que tous pourront rebaptiser, l'espace d'un après-midi, « Enduropale des Neiges ».

























