« El Pistolero » prend un coup de fusil !
dimanche 03.07.2011, 05:26 - AU MONT DES ALOUETTES, PAR FRÉDÉRIC RETSIN
Alberto Contador a perdu plus d'une minute sur les principaux favoris, alors que ses concurrents ont été repêchés lors de cette première étape marquée par leschutes, à l'image de celle de Vincent Jerôm
| CYCLISME TOUR DE FRANCE (première étape) |
Épargné, mais retardé par une chute à 9 kilomètres de l'arrivée, Alberto Contador a concédé 1'20'' à Philippe Gilbert qui a enlevé l'étape. Ses principaux adversaires pour le classement général sont sauvés par le règlement.
C'est la sensation de la journée puisque la victoire de Gilbert (Omega-Lotto) - invaincu depuis le 14 avril - va finir par tomber dans le lot commun. Ce matin, Contador et son équipe vont lire la feuille de classement à l'envers pour s'assurer de ce qu'ils ont sous les yeux.
Le Madrilène pointe à 1'20'' du Wallon. Ce n'est pas le plus important. Si l'on excepte Samuel Sanchez (Euskaltel) placé dans la même galère, Contador concède 1'14'' sur ses principaux concurrents. « C'était une journée compliquée », a-t-il commenté après l'étape. « Le Tour est encore long. Il faut rester optimiste. Mais c'est un retard difficile à combler. » Le bilan est particulièrement lourd pour Saxo-Bank, dont la majorité des éléments est également piégée par les conséquences d'une chute à 9 kilomètres de l'arrivée. Les Leopard (A. et F. Schleck), RadioShack (Horner, Brajkovic, Leipheimer) et BMC (Evans) embrayent dans la foulée. C'est bien sûr sans penser à l'épisode de l'an passé sur le Port de Balès où l'Espagnol avait porté son attaque décisive en profitant d'un saut de chaîne d'Andy Schleck.
Cet après-midi, l'Espagnol et ses troupes ouvriront la route à l'exercice particulier du court contre-la-montre collectif (23 kilomètres). Ce qui n'est pas la meilleure position. « D'autres équipes sont mieux armées et mieux préparées que nous », dit encore le Madrilène. « J'espère que les écarts ne seront pas trop importants. »
« Ils verront ce que ça fait de ramer derrière »
« Au moins, ils mesureront l'effet d'un réveil précoce, glisse Éric Boyer, le manager général de Cofidis, tout heureux de placer Rein Taramaae (8e) au sommet du mont des Alouettes. Ils verront ce que ça fait de ramer derrière. » Ça manque de solidarité, mais ça résume quand même le sentiment d'un peloton qui donnait hier l'impression de rire sous sa cape... On a disséqué Contador. Voyons maintenant le reste de la concurrence. Ce qui en revient à mettre une deuxième couche sur la tête du triple-vainqueur-du-Tour-en-attendant-la-décision-du-TAS. À 2,5 kilomètres du but, une nouvelle chute perturbe l'avancée de la troupe lancée comme une locomotive. Parmi les retardés : le cadet des Schleck, Wiggins, Leipheimer, Brajkovic, Basso, Gesink qui achèvent finalement l'étape avec l'Espagnol. Ou même derrière. « J'suis content de ne pas être tombé. Les vélos volaient dans tous les sens », dira plus tard le Néerlandais (117 e). Contador dit « ouf ». Mais le Tour agite son doigt et le règlement : « En cas de chute dans les trois derniers kilomètres, les coureurs impliqués sont crédités du temps du groupe auquel ils appartenaient. » Re-boum !
Du coup, Alberto est reparti en tapant du pied dans les cailloux. Perfide, un confrère breton glisse : « Notre mont des Alouettes, c'est quand même autre chose que votre tranchée d'Arenberg ! »























