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    Laurent Guyot : « J'ai senti une forte envie autour de moi »

    mercredi 24.06.2009, 04:52 - PROPOS RECUEILLIS PAR PIERRE DIÉVAL ET PHILIPPE CADART

    USBCO - Laurent Guyot : « J'ai senti une forte envie autour de moi » 6  PHOTO GUY DROLLET USBCO - Laurent Guyot : « J'ai senti une forte envie autour de moi » 6 PHOTO GUY DROLLET

    | BOULOGNE-SUR-MER |

    À moins d'une semaine de la reprise (lundi), Laurent Guyot est entré dans le tour de chauffe, au centre technique de la Waroquerie. Déjà totalement imprégné de sa mission future à Boulogne, le successeur de Philippe Montanier s'exprime sur ses sensations, ses attentes, ses idées, sa philosophie et bien sûr son club.

    - Comment s'est passée votre arrivée à Boulogne ?

    « J'ai connu une semaine particulière... D'abord, j'ai annoncé mon départ de Nantes (il était le patron du centre de formation), tout en sachant qu'il n'y aurait probablement pas de nouvelle proposition (le courant ne passait plus entre lui et le président Kita).

    Ensuite, j'ai été approché par un club de L2 et le président Wattez m'a appelé. Je suis venu le voir le samedi soir. Le contact a été bon tout de suite.

    J'ai deviné un certain empressement de sa part. C'était compréhensible dans la mesure où il lui fallait aller vite. J'ai pourtant demandé un délai de réflexion, car je tenais à honorer un rendez-vous dans un autre club (Troyes). Mais, le lundi soir, ma réponse est tombée. C'était oui. »

    - Qu'est-ce qui a fait la différence ?

    « J'ai senti une forte envie autour de moi. J'y ajouterai les contacts que j'avais eus avec Philippe Montanier. Il était content de travailler ici et de la liberté dont il bénéficiait. C'était un élément de réflexion important. Même si Troyes est en National, ce n'était pas pour moi un critère décisif.

    Dans mon esprit, il s'agissait surtout de deux clubs de football sérieux. Il fallait en fait trancher entre deux projets. J'ai choisi celui de Boulogne. »

    - Boulogne n'a pas de grosses infrastructures, ça ne vous a pas inquiété ?

    « Les infrastructures, ça compte, mais c'est bien aussi qu'il y ait tout à construire ! Aujourd'hui, il n'y a pas de situations idéales. Même Didier Deschamps, à l'OM, a eu quelques interrogations ! Se sentir bien dans un club est un argument de poids. J'en ai tenu compte. On est vite tombés d'accord ensuite concernant la venue de Serge (Le Dizet) au poste d'adjoint. Un préparateur physique devrait suivre très vite. »

    - Qu'allez-vous faire des anciens membres du staff de Philippe Montanier ?

    « J'ai eu Réginald Ray et Mickaël Boully au téléphone. Je souhaite les conserver. Il est important d'arriver avec son équipe mais aussi de préserver, surtout dans un club comme Boulogne, un aspect humain important avec des gens qui connaissent les lieux. »

    - Serge Le Dizet dans l'habit d'un adjoint alors qu'il a été entraîneur numéro un à Nantes, c'est cocasse ?

    « Il y avait deux options dont celle de Serge. C'est elle que j'ai choisie. L'inversion des rôles a bien sûr été évoquée. Mais dès l'instant où il m'a assuré que, pour lui, ça ne posait pas de problèmes, c'était tout bon. Il voulait surtout savoir avec qui il allait travailler. Il sera un acteur important, même si, au final, il y a toujours un décisionnaire. »

    - L'expérience d'entraîneur de Serge Le Dizet a-t-elle compté ?

    « Oui. Pour les dirigeants, c'est rassurant de savoir qu'il est là, car il n'est jamais simple de faire confiance à un entraîneur n'ayant jamais connu la Ligue 1. C'est aussi un élément de stabilité pour moi. »

    - Votre manque de vécu en Ligue 1 ne vous fait-il pas peur ?

    « On reprochait à Laurent Blanc son manque d'expérience avant qu'il ne prenne Bordeaux. Mais comme il le dit souvent : pour l'acquérir, cette expérience, il faut que quelqu'un vous tende la main ! Oui, c'est le grand saut, c'est une grande découverte et il y a un gros challenge. Mais j'arrive avec beaucoup d'humilité et une grosse détermination. »

    - Qu'aimez-vous dans le football ?

    « Le beau jeu ! Je me réjouis du titre de Bordeaux car les Girondins jouent bien au foot. Je me réjouis aussi, pour les mêmes raisons, de la victoire de l'Espagne à l'Euro et de celle, plus récemment, de Barcelone en Ligue des champions. Mais, même si j'arrive de Nantes où on a longtemps mis en valeur les vertus du jeu, le football, c'est aussi beaucoup de boulot. Il faut avoir beaucoup d'humilité. C'est pour ça que je suis impatient de voir ce que je peux faire avec cette équipe-là. Le jeu à la nantaise, ce n'est qu'une expression. Aujourd'hui, les équipes qui jouent bien sont aussi capables de... bien défendre.

    Boulogne arrive en Ligue 1 avec des joueurs qui n'ont quasiment pas de vécu à ce niveau et avec un jeune entraîneur. La question qu'on doit donc se poser en priorité est : "Comment on s'y prend pour bien défendre ?" À partir de là, on aura les bases pour faire autre chose. Je ne veux pas fanfaronner. J'aime le foot, le beau jeu. Mais je dis" Mettons-nous à notre niveau et travaillons." »

    - Était-il important de garder un « noyau dur » dans l'effectif ?

    « Évidemment ! Je connais l'état d'esprit de ce groupe-là. Ce qui m'avait marqué, après l'épisode de la montée, c'est la réaction des joueurs. " On veut rester tous ensemble", s'étaient-ils exclamés. Cette cohésion, il va falloir l'entretenir. Il y aura des arrivées, de la concurrence, mais je suis confiant. J'ai eu quelques joueurs au téléphone. Ça transpire déjà ! Parfois, pour avoir le début d'un état d'esprit, un entraîneur galérera longtemps. Là, on a les bases. »

    - Il se dit que vous auriez été « sponsorisé » par Gérard Houllier auprès de Jacques Wattez...

    « Difficile de répondre à cette question ! À travers mes diplômes passés à la FFF (Laurent Guyot est sorti major de sa promotion avec le DEPF en poche), il a sans doute apprécié mon approche. Il faut dire qu'avec Pablo Correa (Nancy), Jean-Guy Wallemme(Lens) et Landry Chauvin (Sedan), on a eu des échanges constructifs. Ces périodes-là, il faut les aborder avec détermination. On n'a rien sans rien. Pour rédiger mon rapport, je me suis même privé de vacances de Noël ! »

    REPÈRES
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    Digest. - Laurent Guyot est né le 17 décembre 1969, à Bourg-la-Reine, en région parisienne.

    Défenseur central ou arrière latéral gauche, il porta le maillot du FC Nantes- Atlantique pendant treize ans. Avec lui, il disputa 191 matchs de Ligue 1 et remporta un titre de champion, en 1995, avant de jouer à Toulouse et Guingamp. C'est sous les couleurs du club breton qu'il termina sa carrière de joueur par un dernier match à... Lens.

    Depuis 2005, il était le responsable technique du centre de formation nantais.

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